Lucie Duff Gordon

Résumé

Lucie Duff Gordon Lettres d'Égypte (1879)

On est profondément ému quand on pense aux privations que tous ces hommes vont affronter. Les yeux d'Omar étaient pleins de larmes, et sa voix tremblait d'émotion quand il parlait, en me montrant le Mahmal et le cheik-el-gebel, qui conduisait le chameau sacré, nu jusqu'à la ceinture et avec ses cheveux flottants.
Je suis restée longtemps à admirer le beau « peuple libre ». Les Bédouins et les Maugrabins, ainsi que leurs femmes à l'air si noble, sont magnifiques, et les cavaliers irréguliers turcs et arabes, si supérieurs à la cavalerie régulière, sont sauvagement pittoresques.
Source : Gallica

Lucie Duff Gordon Lettres d'Égypte (1879)

Si le millenium nous arrive jamais, je passerai volontiers la meilleure partie, du mien sur le Nil. L'autre jour, en flânant à Assouan, dans cet endroit si poétiquement mélancolique, dans cette carrière de granit de la vieille Égypte et cette sépulture des martyrs musulmans, j'ai rencontré sur le bord du fleuve, en retournant au bateau, une compagnie de marchands d'esclaves qui venaient charger leurs chameaux pour aller au Sennaar, avec les marchandises apportées par eau.
Source : Gallica

Lucie Duff Gordon Lettres d'Égypte (1879)

Désormais j'envoie tous les jours un plat de ma table au capitaine; comme je prends la place de pacha, il est de ma dignité d'en agir ainsi ; comme j'occupe la cuisine et que je brûle le charbon du bateau, je puis bien un peu faire dîner le capitaine à mes dépens. Dans la journée je monte sur le pont et je m'y assieds dans sa cabine; nous causons tant bien que mal sans aucun interprète. Le vieux camarade se donne soixante-sept ans, mais il a l'air de n'en avoir que quarante-cinq. Il a précisément la tournure et les manières d'un de nos marins.
Source : Gallica

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