Résumé

Ludovic Carrau L’Éducation en France depuis le XVIe siècle

Si dans une revue, quelque rapide qu’elle soit, des théories de l’éducation en France, il est impossible de ne pas prononcer le nom de Rollin, ce n’est pas lui pourtant, est-il besoin de le dire ? qui représente l’esprit pédagogique de son siècle. Une révolution profonde s’accomplit dans les idées, et Rollin, bien éloigné d’être un révolutionnaire, est plutôt un homme du passé. Le vrai théoricien de l’époque, c’est Rousseau. Les grandes vérités qu’il mêle à ses paradoxes sont trop connues pour que nous insistions sur les unes et sur les autres.
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Ludovic Carrau L’Éducation en France depuis le XVIe siècle

Bref, pour Montaigne, les lettres et les sciences sont un moyen, non un but. Vérité difficilement contestable, si l’on s’en tient à la première éducation du jeune homme ; mais la haute culture intellectuelle exige des études plus approfondies, plus désintéressées que celles dont se contente l’auteur des Essais. Passé le temps du collège, Montaigne devient un modèle et un guide dangereux. Il n’a goûté des sciences « que la crouste légère, un peu de chasque chose, à la françoise. » Il demande en général les livres « qui usent des sciences, non ceulx qui les dressent. »
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Ludovic Carrau L’Éducation en France depuis le XVIe siècle

I Ce ne sont pas les écoles qui ont manqué au moyen âge ; ce fut l’intelligence de ce qu’il convient d’y enseigner, ce fut aussi et surtout cet amour tendre, éclairé, de l’enfance, sans lequel l’œuvre sacrée de l’éducation est impossible. Philosopher sur les mots et les pensées sans examiner les choses elles-mêmes ; subtiliser, piétiner sur place, disputer à perte de vue, telle fut pendant près de cinq cents ans la principale occupation de l’esprit humain.
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