Madame Mallès de Beaulieu

Résumé

Madame Mallès de Beaulieu Le Robinson de douze ans (1836)

J'espérais découvrir des chaloupes se dirigeant vers mon île; mais il ne s'en offrit point à mes yeux, et l'aspect d'une mer irritée, dont les vagues écumantes venaient se briser sur la côte, me fit juger qu'elle les avait englouties dans ses profonds abîmes. J'eus besoin de réflexion pour me soumettre à la volonté de Dieu dans cette circonstance ; mon cœur était déchiré, et deux ruisseaux de larmes coulaient sur mes joues. Je repris tristement le chemin de la grotte. Tomy était éveillé ; les
soins que je lui donnai firent diversion à ma douleur.
Source : Gallica

Madame Mallès de Beaulieu Le Robinson de douze ans (1882)

Tous mes désirs se tournaient vers ma chère grotte, mon jardin et mon troupeau. Depuis que je m'étais égaré, je n'avais guère pu calculer le temps; mais je pensais, avec raison, qu'il ne m'en restait pas trop pour faire mes récoltes et mes provisions d'hiver. Tout en réfléchissant, j'avançais avec courage, coupant et tranchant tout ce qui s'opposait à ma marche. Le murmure d'un ruisseau me donna quelque espérance : je l'entendais sans le voir : je le découvris enfin, et la
route, le long de ses bords, me parut moins difficile.
Source : Gallica

Madame Mallès de Beaulieu Le Robinson de douze ans

Rien n'était capable de me rebuter; je travaillais avec un courage infatigable, et je craignais tellement de perdre un moment, que je vivais avec la plus grande sobriété. Des huîtres, des glands et quelques noix de coco étaient ma seule nourriture, parce qu'elle ne demandait pas d'apprêt. Pendant ce temps, ma chèvre, toujours attachée, commençait à s'apprivoiser. J'avais soin de l'approvisionner de grand matin pour toute la journée; le soir je la conduisais au bord du ruisseau, où elle se désaltérait. Elle avait lié amitié avec Castor; quand elle était couchée, il jouait entre ses cornes.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature