Résumé

Procès du "Miroir". Tribunal de police correctionnelle… (1821)

Si les allusions pouvaient motiver des accusations, je plaindrais les fabulistes. Toutes les fois qu'ils mettraient un lion en scène, on dirait qu'ils ont voulu représenter un roi. Ils ne pourraient pas parler d'un renard sans offenser un courtisan; et, comme il n'est pas d'animal dont le naturel n'ait son correspondant dans le moral de l'espèce humaine , il n'est pas une fable qui ne pût donner matière à accusation.
Cependant, sous Louis XIV, aux plus beaux jours du pouvoir absolu, Lafontaine a pu dire :
Notre ennemi, c'est notre mattre.
Source : Gallica

Procès du "Miroir". Tribunal de police correctionnelle… (1821)

Cependant, dans le dessein même qu'on a de détacher les Français des matières politiques , on devrait encourager un journal entièrement voué à la littérature et aux arts. On devrait affecter plus de confiance en soi-même , et ne pas se montrer timide , au point de redouter l'effet de quelques plaisanteries qui, comme les épigrammes de Martial, ne sont ni toutes bonnes, ni toutes mauvaises ; mais qui toutes certainement sont étrangères à ce qu'on peut raisonnablement appeler politique, et indifférentes à la sûreté de l'état, autant qu'à la gloire du prince, et même au repos de ses ministres.
Source : Gallica

Procès du "Miroir". Tribunal de police correctionnelle… (1821)

Pourvu que vous ne parliez ni de religion, ni de politique, ni de gouvernement , ni des gens en place, etc. etc. etc., oh ! mon dieu, vous pouvez écrire sur tout ce que vous voudrez.
Il est fâcheux, sans doute, que le législateur n'ait pas lui-même tracé plus clairement les limites dans lesquelles il voulait enchaîner la liberté d'écrire ; le plus grand vice d'une loi pénale est le vague et l'indécision. De là, à l'arbitraire , il n'y a qu'un pas.
Mais enfin essayons de définir les termes de la loi ; car, après tout, la langue appartient à tout le monde.
Source : Gallica

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