Résumé

Portrait de Sylvain Lévi Sylvain Lévi L’Inde civilisatrice

Ce monarque au pouvoir absolu, dont l’empire s’étendant des frontières de la Perse aux bouches du Gange, du Cachemire jusqu’au Mysore, qui traitait d’égal à égal avec les Séleucides et les Ptolémées, transfigura le type banal du manieur d’hommes couronné. L’âme douce et tendre de l’Inde passa tout entière en lui, elle en fit plus qu’un roi, plus qu’un homme, un héros, un symbole, un exemple. L’ingéniosité de l’imitation (philotechnia) que Néarque avait signalée comme un des traits frappants de l’Hindou, s’élève avec Açoka jusqu’au sublime.
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Portrait de Sylvain Lévi Sylvain Lévi L’Inde civilisatrice

La fatalité qui pèse sur les choses de l’Inde semble s’être étendue jusqu’à eux. La Grèce, toujours si fière de tout ce qui touche à sa grandeur, n’a regardé que d’un œil distrait ces enfants perdus de l’hellénisme. Leurs monnaies presque exclusivement ont sauvé leurs noms, exhumées des régions nord-ouest de l’Inde où les avait portées soit la conquête soit le commerce. De ces monnaies, plusieurs sont dignes de figurer parmi les chefs-d’œuvre de la numismatique grecque, par la perfection du fini, la vigueur du relief, la précision de la touche, le rendu de l’expression.
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Portrait de Sylvain Lévi Sylvain Lévi L’Inde civilisatrice

L’empire de Harṣa a son berceau dans la terre sacro-sainte du brahmanisme, à Sthāṇvīçvara (auj. Thanesar) sur l’étroite levée de terre qui sépare le drainage de l’Indus et le drainage du Gange, le long du mince filet d’eau né au pied des montagnes et bientôt absorbé par les sables du désert, que la piété brahmanique vénère pourtant à l’égal du Gange « céleste », la Sarasvatī. C’est là le point d’équilibre entre les forces internes du génie de l’Inde en voie d’expansion et les forces du dehors en travail de pénétration. C’est là aussi les Thermopyles de l’Inde, barrière ou porte des invasions.
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