Résumé

Portrait de Valentin Conrart Valentin Conrart Mémoires de Valentin Conrart

Durant tous ces jours-là, le duc d’Orléans ne paroissoit point, soit dans la cour ou dans le jardin de son palais, qu’il ne fût précédé, entouré et suivi d’une infinité de coquins mal faits et vêtus de gris, comme apprentis et compagnons de métier, et filous, qui crioient toujours : « Point de Mazarin ! Monseigneur, nous sommes prêts de mourir pour vous, et d’aller chasser ce méchant, ce traître. » Et même, le jeudi 2, M. d’Orléans entrant dans le Cours, les laquais commencèrent à crier Point de Mazarin !
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Quand il sut que le comte Du Lude le menaçoit de la sorte, il alla trouver Roquelaure, beau-frère du comte, et lui dit : « Monsieur, monsieur le duc, on dit que le comte Du Lude tient de certains discours de moi que je ne puis croire. Je n’ai garde de m’imaginer qu’il ait pensé à ce que l’on dit qu’il me veut faire faire ; car ce sont des choses qui ne lui peuvent être entrées dans l’esprit en parlant d’un homme de ma sorte : mais je ne crois pas même qu’il se soit plaint de moi, parce que je ne lui en ai donné aucun sujet. »
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SUR LE MARQUIS DE VARDES. Environ le même temps, le marquis de Vardes s’entretenoit un soir avec le chevalier de Lorraine dans un coin de la chambre du Roi ; et comme ils parloient l’un à l’autre de leur ajustement, et particulièrement de leur belle tête, le marquis dit que pour lui il n’étoit qu’un barbon, qu’il étoit veuf, et qu’il avoit fait son temps : « Mais pour vous, dit-il au chevalier, vous êtes en un âge et en un état à tout entreprendre : vous n’avez qu’à jeter le mouchoir, et il n’y a point de dame qui ne le veuille relever. »
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