Émile Pouvillon,
Nouvelles réalistes
(1878)
“ Je te loue cuisinier au château. Un braconnier, cette brute! Ah! ah! C'est égal, tu peux te vanter de l'avoir échappé belle! Bon appétit, Jean Bru! Annil, si tu veux m'en croire, invite à dîner le diable; c'est justement la cuisine qu'il lui faut. » Tête nue, humble et courbé comme un dévot à la sainte messe, Jean Bru fit la conduite au marquis. Il le vit remonter à cheval et s'en aller, tout essoufflé de rire, par les bois levés de Fontette. Se redressant alors : — « Annil, du bois au feu, vitement, et soignemoi ce civet. La farce est jouée. Enfoncé le marquis ! » ”
