“ En écoutant cette pathétique harangue, saint Nil, saint Autremoine et saint Jean-le-Nain se sentirent émus, et saint Médard se mit à pleurer, ce qui causa sur la terre une pluie de quarante jours. Mais saint Nil dit au démon : — Je ne puis t’aider, mon ami, et j’en ai regret ; mais il faudrait mettre la main à cette outre qui est une chose morte, et un verset de la Très-Sainte-Écriture défend de toucher aux choses mortes sous peine de rester impur. Saint Autremoine dit au démon : — Je ne puis t’aider, mon ami, et j’en ai regret ; ”
Médard
Définition et enjeux
Citations sur “Médard”
Pierre-François Mathieu, Histoire des miraculés et des convulsionnaires de Saint-Médard… (1864)
“ Quoiqu'il y ait très-loin de Saint-Médard jusqu'à sa maison, en revenant elle a fait tout ce chemin à pied, avec plus d'agilité qu'aucun de ceux qui l'accompagnaient, et elle a employé presque tout le reste du jour à faire des visites en différents endroits , pour faire part à toutes ses amies de la merveille que Dieu venait d'opérer en sa faveur. ”
Paul Féval, Veillées de la famille (1882)
“ La chambre où Giromon allait frapper pour savoir si la reine-mère était visible contenait une vieille domestique en enfance. C'était la moitié de madame Desgibecières : son corps, l'autre moitié, son génie, avait nom M. Médard ; et c'était l'écureuil ! La grande Estelle, curieuse comme un enfant avait surpris ce mystère et ne savait point le garder. Un soir qu'elle passait dans ce corridor qui sentait la pipe, elle avait entendu, à travers une porte fermée, Frédérica se disputer avec quelqu'un et lui dire que s'il ne travaillait pas mieux, elle lui rognerait sa part d'eau-de-vie. ”
Les hommes illustres du département de l'Oise… (1858-1864)
“ Riche de sa fortune patrimoniale, Protagie avait apporté en dot à son mari le territoire de Sa- lency c'est là qu'elle résidait lorsqu'elle mit au monde, en 457, l'enfant qui devait devenir un saint. Elevé selon les croyances maternelles, Médard commença par se montrer un modèle de piété filiale. Dès que ses forces le lui permirent, on le vit vaquer avec diligence aux travaux de l'intérieur et suppléer son père dans la conduite de sa maison surveillant les domestiques les serfs, et ne dédaignant pas même de les aider dans la garde des troupeaux de son père. ”
André Tibal, Hebbel, sa vie et ses oeuvres de 1813 à 1845… (1911)
“ Comme Medardus, Wilhelm est entouré des embûches du mauvais esprit et tombe souvent dans ses pièges. Chez Medardus, comme chez Wilhelm, il y avait dès le début le germe du mal; le diable a séduit leurs pères ; la sensualité s'éveille de bonne heure chez Medardus et, chez Wilhelm, la jalousie contre son frère. C'est ce germe que le démon veut faire fructifier : chez Medardus, un élixir diabolique éveille les mauvaises passions latentes 2 ; une boisson semblable 1. Tag. I, 1806 ; II, 2425. — 2. Hoffmann, II, 239. ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ Dès qu'elle voit Médor dont la blessure saigne, Ce jeune homme expirant dans son sang qui le baigne, Moins chagrin de mourir que de regrets rempli, En pensant que son roi n'est pas enseveli, Elle sent la pitié remuer tout son être; Un sentiment nouveau tout à coup la pénètre, Fait que ce cœur si dur par degrés s'adoucit, Surtout quand de ses maux Médor fait le récit. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Médor enfin se livre aux prières et dit : « Seigneur, au nom du Dieu que ton ame chérit, Si la pitié sublime à toi se fait connaître, Permets-moi d'honorer le corps du roi mon maître. Je ne suis désireux d'aucune autre faveur: Ne crois pas que la vie encor plaise à mon coeur. Que le temps de donner au roi la sépulture De mes derniers instans soit aussi la mesure! Ah! si, nouveau Créon, sans pitié tu te plais D'offrir une pâture aux monstres des forêts, De mes membres sanglans en leur faveur dispose, Mais que le fils d'Almont dans la tombe repose ! » ”
Paul Féval, L’Avaleur de sabres (1867)
“ Médor resta un instant pensif. Suivre le fiacre n’offrait aucune chance. Comment savoir la route qu’il avait prise en arrivant au bout de la rue Cuvier ? Médor se remit à courir et revint au bosquet pour chercher conseil. En arrivant, la première personne qu’il vit fut l’homme à la peau bronzée, dont le regard était fixé sur la Gloriette par une sorte de fascination. Toute la personne de cet homme se rapportait d’un façon si frappante au signalement donné par le soldat que Médor n’arrêta même pas son élan et tomba sur lui comme on s’empare d’une proie. L’homme n’essaya pas de résister. ”
“ Petit Médor, bon Médor, et il me lèche. J’aime mieux la langue que les crocs. — Soit, flattez les révolutionnaires, caressez-les, jetez-leur du gâteau. — Eh ! eh ! ainsi ferai-je ; je n’ai pas d’autre dessein, je vous prie de le croire. Oui, c’est décidé, je vais amasser un peu d’argent, et je traiterai tous ces Messieurs comme des Cerbères. Eh ! tenez, monsieur de Mirabeau... — Ah ! oui, parlez-moi de cette bête féroce. — Avec cinquante mille livres par mois ce sera un Médor, tandis que si nous attendons, il lui faudra peut-être un demi-million par mois. La reine se mit à rire de pitié. ”
L' Arioste, Roland furieux (1516)
“ Si, comme le visage, le cœur se montrait à découvert, tel qui est en faveur à la cour et opprime les autres, et tel qui est en disgrâce auprès de son prince, changeraient mutuellement de fortune. Celui qui est humble deviendrait soudain le plus grand, et le grand tomberait au rang des plus infimes. Mais revenons à Médor, si fidèle et si attaché à son maître avant et après la mort de ce dernier. ”
Collectif, Répertoire national/Vol 1
“ « Pour le moins, aussi fier qu’un enfant de l’Écosse ; « Tandis qu’il faut que moi je me promène à pié. « Philaris fait envie, et moi je fais pitié : « J’enrage de bon cœur, voyant l’or qu’il entasse. » Médor, sais-tu pourquoi ton voisin te surpasse ? C’est que, sans être avare, il règle sa maison Avec économie, et selon la raison : Sa richesse par-là promptement s’est accrue. Cet homme qu’on rencontre à chaque coin de rue, Devant vous toujours prêt à vous faire plaisir, À l’ouïr vous diriez qu’il n’a d’autre désir Que votre intention, votre dessein prospère. ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ Mais déjà son sang coule, et le nombre l'accable; L'infortuné voit bien qu'au Destin implacable Il voudrait plus longtemps en vain se dérober : Près de son cher Médor il se laisse tomber. XLIV La troupe alors s'ébranle, et, d'un galop rapide, A travers la forêt, suit son chef intrépide, Qui, des deux Sarrasins, sous le taillis mouvant, Laisse l'un mort, et l'autre à peine encor vivant.Médor va donc périr : son sang, sur l'herbe verte, Coule à si gros bouillons de sa poitrine ouverte, Qu'il touche, lui si jeune, à son dernier moment, Et s'éteint, s'il n'est pas secouru promptement. ”
comtesse de Sophie Ségur, Les Mémoires d'un âne
“ Médor était bon; ma maigreur et ma faiblesse lui firent pitié; un jour il m'apporta un morceau de pain, et me le présenta d'un air triomphant.—Mange, mon pauvre ami, me dit-il, dans son langage; j'ai assez du pain qu'on me donne pour me nourrir, et toi, tu n'as que des chardons et de mauvaises herbes en quantité à peine suffisante pour te faire vivre.—Bon Médor, lui répondis-je, tu te prives pour moi, j'en suis certain. Je ne souffre pas autant que tu le penses; je suis habitué à peu manger, à peu dormir, à beaucoup travailler et à être battu. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Ce prince était suivi de plusieurs cavaliers Qui de loin, tout à coup virent les deux guerriers. Chacun courut vers eux, guidé par l'espérance De trouver un butin digne de sa vaillance. « Médor, dit Cloridan, abandonnons ce corps, Et de nos pieds légers redoublons les efforts : Pour ne sauver qu'un mort, tous deux perdre la vie Serait du dévoûment, moins que de la folie. » Il jette donc sa charge, et croit qu'au même instant L'idole de son coeur, Médor en fait autant ; Mais lui, qui pour son prince avait plus de tendresse, Du fardeau tout entier surcharge sa faiblesse. ”
Clarisse Juranville, Voyage au pays des caniches ou Histoire des chiens célèbres (1884)
“ Médor, plus doux, plus caressant, En pleurant de douleur vint lécher la blessure ; La balle avait frappé d'une manière sûre. Médor fut inondé de sang. La nuit, sur le combat, tendait ses plis funèbres, Et Médor, rouge et blanc, hurlait dans les ténèbres. Dieu! que de larmes dans sa voix! Le chien demeura là jusqu'à l'aube naissante. Quand il flaira la mort sur la main caressante De son maître. il fuit dans les bois. Il fuit dans le sentier, il fuit sur la grand-route ; Il s'arrête un instant. et son oreille écoute Si son maître l'appelle encor. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Mais bien plus vite encor s'agrandit la blessure, Source des maux cruels que tout son coeur endure. Jusques au fond du coeur, elle se sent percer Par l'invisible trait que vient de lui lancer, Des beaux yeux de Médor et de sa tête blonde, Le dieu dont le carquois est le sceptre du monde. Elle se sent brûler d'inextinguibles feux; Pourtant sauver Médor seul occupe ses voeux, Et, négligeant son mal, sans cesse elle ne pense Qu'à rendre à la santé l'auteur de sa souffrance. Aussi, plus du guerrier la blessure guérit, Plus celle de la dame et s'accroît et s'aigrit. ”
L' Arioste, Roland furieux. Tome 2 (1838)
“ Mais quand l'ombre fait place à Phébus qu'elle fuit, Son destin le ramène à la fontaine ombreuse, Où Médor a tracé sa louange amoureuse. Voir son affront gravé sur ce roc meurtrier L'irrite tellement que, dans son corps entier, Il n'est rien qui ne soit haine, colère, rage ; Et qu'il tire le fer, sans tarder davantage. Il frappe cet écrit, et du roc odieux Fait voler les éclats jusqu'aux voûtes des cieux ; Et, malheur à tout arbre où le comte peut lire Les deux noms réunis qu'Amour y fit inscrire ; Il les traite si bien qu'aux pasteurs désormais Ils ne pourront offrir aucune ombre jamais. ”
Adrien-Théodore Benoît-Champy, Fables et poésies. Passe-temps de vacances… (1871)
“ Sans se mêler des affaires d'autrui, Il vivait seul en sa retraite, Tout en lui, tout pour lui, Comme un paisible anachorète ; Jamais, de mémoire de loups, On n'avait vu camarade plus doux, Ni d'humeur plus traitable. Or, c'est un fait incontestable Que les vertus, Si modeste qu'en soit la somme, Imposeront toujours, même aux cœurs corrompus, Que l'on soit loup, que l'on soit homme, Leur invincible autorité : Aussi Médor fut-il, de chacun à la ronde, Jusqu'à ses derniers jours, estimé, respecté! ”
L' Arioste, Roland furieux : vingt chants (1865)
“ C'est sur le fils d'Almont, gisant dans la poussière, Que resplendit surtout cette vive lumière; , Médor le reconnaît au blason rouge et blanc Qui brille sur l'armure ; il s'approche en tremblant De ce maître adoré qu'il baigne de ses larmes, Et l'accent de sa voix est si rempli de charmes, Si doux sont ses soupirs, qu'il pourrait dans les cieux Rendre pour l'écouter les vents silencieux ; xxv Mais sa plaintive voix, de son angoisse pleine, N'est qu'un son fugitif, et qu'on entend à peine; Et ce n'est point par peur : non, puisse-t-il mourir, Et cesser de se plaindre en cessant de souffrir? ”
Tombeaux du Louvre. Histoire véritable de Médor…
“ Offre-t-on à Médor des biscuits ou gâteaux , c'est alors que l'on voit son adresse incompréhensible à les enterrer, persuadé dans son instinct qu'ils alimenteront son infortuné maître; peut-on nous dire si en ce bas monde on est capable de trouver un ami semblable !.. Une remarque que l'on fait journellement et qui n'est pas sans intérêt, c'est la haine que porte cet animal à la planche qui borde la tombe des Suisses, quelquefois il la ronge parce qu'elle a servi à l'inhumation des victimes de juillet. ”
Paul Féval, L’Avaleur de sabres (1867)
“ Et quand il avait trouvé un jour Justin ivre d’absinthe, c’est-à-dire noyé dans le plus méprisable, dans le pire des découragements, Médor s’était dit : en voici un qui est perdu pour notre besogne, je tâcherai de faire tout, moi seul. La besogne de Médor c’était de retrouver Petite-Reine. Cette ardente volonté, née du désespoir de Lily, qu’il avait vu de si près, avait survécu en lui à la disparition même de la jeune mère. Les idées naissaient en lui difficilement ; quand elles étaient nées, elles ne mouraient point, parce que d’autres idées ne venaient jamais les étouffer ou les chasser. ”
Jules Gros, Les Robinsons de la montagne (7e édition…
“ C'était Médor, un bel épagneul anglais, qui, voyant ses jeunes maîtres pleurer, vint hardiment leur poser les pattes sur les épaules et les lécher à tour de rôle ; il avait l'air de dire : — Et moi? ne suis-je pas là aussi? — Tu vois, François, dit Gaspard en s'essuyant les yeux et en laissant briller un sourire à travers ses larmes, tu vois que je ne suis pas seul pour affronter l'existence indépendante. ”
Paul Féval, L’Avaleur de sabres (1867)
“ On ne meurt pas de joie ; sans cela j’aurais peur de ne lui donner qu’un baiser, si Dieu m’exauce enfin et la rend à ma folie ! — Vous n’avez jamais songé, demanda le jeune comte, à chercher ce pauvre bon Médor dont vous m’avez raconté le dévouement si simple et si touchant ? — Depuis mon retour en France, répondit madame de Chaves, j’ai fait l’impossible pour retrouver Médor. Tout a été inutile. Il a disparu ; il est mort, sans doute. — Et mon oncle a cessé de vous prêter son aide ? — Monsieur le duc est toujours bon pour moi. Tous mes désirs sont devancés par sa courtoisie. ”
Aglaé de Bouconville, Sagesse et bon coeur, ou Science du bien… (1846)
“ Oui, Médor, reprend Élise; quand il vit son maître qui ne se levait pas, il le tira par son habit, par ses jambes ; il le lécha, il le mordit tout doucement; enfin, voyant que son maître ne se levait pas encore, le pauvre animal se mit à pousser des gémissements affreux! ”
Paul Féval, L’Avaleur de sabres (1867)
“ Il entendit les deux croisées se fermer, puis il lui sembla que Lily, subitement affairée, allait et venait dans sa chambre avec une étrange vivacité. Il y a d’autres moyens que la rivière ; Médor eut peur, il mit son œil à la serrure. Et sa peur augmenta. Il vit la Gloriette qui versait du charbon dans son réchaud, vite, vite, et qui allumait le feu en soufflant de toutes ses forces. C’est surtout dans ces quartiers, là-bas, que tout le monde, même les brutes, connaît l’emploi du charbon, avec les fenêtres closes, dans les chambres où il n’y a pas de cheminée. ”
Auguste Martin, Ma dernière folie : contes joyeux et autres poésies (1846)
“ A la garde d'un page un jour il le commit, En lui recommandant sa précieuse bête. Ce page avait seize ans, un grain d'amour en tête. Le lendemain. l'animal se perdit. Désespéré, devant son maître Notre étourdi n'osait plus reparaître ; Il avait tort : monarque rarement Se laisse aller à quelque emportement, Tous sont humains, tous ont de l'indulgence, Et comme un grand péché regardent la vengeance. Le jouvenceau promet de l'or A qui ramènera le fugitif Médor. De Médor aucune nouvelle. Déjà se troublait sa cervelle, Lorsqu'il pense à Nostradamus. ”
Paul Féval, L’Avaleur de sabres
“ Médor prit un bout de la corde; ordinairement, c'était la sous-bergère qui tenait l'autre bout. Son emploi fut donné à une «grande». Madame Saladin, sous prétexte de mieux voir, se glissa dans le cercle.La grande tournait mal et fit manquer Petite-Reine au premier vinaigre. Or, depuis que le monde est monde, on n'avait jamais vu entrer, sauter et sortir aussi adroitement que Petite-Reine. Le mangeur de cosaques jeta son cri d'oiseau auquel les pygargues répondirent dans le lointain, et Médor chercha des yeux dans le cercle une figure connue. ”
La Femme du condamné, scène de la vie australienne… (1862)
“ Emilie lui dit que le bâtiment était la Médora, et qu'il y avait juste un an que son mari avait quitté l'Angleterre, 48 LA FEMME DU CONDAMNÉ — La Médora! dit mistress White. J'ai justement un domestique qui m'a été assigné par le gouvernement et qui est venu par ce même navire :. il pourra peut-être nous donner quelques nouvelles de votre mari. Ces gens sont ordinairement au courant de tout ce qui concerne leurs compagnons de voyage; ils savent chez qui ils sont placés ou s'ils sont réservés pour travailler au service du gouvernement, dans les bureaux, dans les chantiers ou à l'arsenal. ”
Louis-François Jauffret,
Oeuvres de Florian. Nouvelles
(1838)
“ Et monseigneur hautement le préfère A ses amis, à sa famille entière, Même à sa femme ; et l'on m'en croira bien : Pour ces messieurs leur épouse n'est rien. L'heureux Médor excite un peu l'envie : Tel est le sort de tous les grands talens. Dans la maison, valets et courtisans L'abhorrent tous, et tous passent leur vie A cajoler, à caresser Médor : Qu'il est charmant ! il vaut son pesant d'or, S'écriaient-ils ”
