Alphonse Daudet,
Le Petit Chose
(1868)
“ Pauvre Pierrotte ! Le chagrin de sa fille en avait fait un autre homme. Le Pierrotte d'autrefois, si jovial et si rubicond, n'existait plus. Les larmes que sa petite versait depuis cinq mois avaient rougi ses yeux, fondu ses joues. Sur ses lèvres décolorées, le rire éclatant des anciens jours faisait place maintenant à un sourire froid, silencieux, le sourire des veuves et des amantes délaissées. Ce n'était plus Pierrotte, c'était Ariane, c'était Nina. Du reste, dans le magasin de l'ancienne maison Lalouette, il n'y avait que lui de changé. ”
