Auguste Charaux

Élements biographiques

Auguste Charaux Molière. La critique idéale et catholique… (1882)

Le satirique Alceste a toute la mine de parler
pour Molière, et Molière, la mine de se moquer
des courtisans :
Dites-moi, par quel sort Votre Clitandre a l'heur de vous plaire si fort? Sur quel fonds de mérite et de vertu sublime Appuyez-vous en lui l'honneur de votre estime ? Est-ce par l'ongle long qu'il porte au petit doigt, Qu'il s'est acquis chez vous l'estime où l'on le voit? Vous êtes-vous rendue, avec tout le beau monde, Au mérite éclatant de sa perruque blonde ?
Et le reste. Alceste est méchant, jaloux, amoureux. C'est tout un. Célimène s'excusait; elle se fâche.
Source : Gallica

Auguste Charaux Molière. La critique idéale et catholique… (1882)

Qui dirige sa vie pourra bien gouverner son argent; au fond, Tartuffe semble, à son indolence, une sorte d'intendant dont la sainteté fera tout prospérer chez lui. Mais n'est-il pas triste qu'un homme d'un si grand esprit, Molière, ait prodigué son talent à nous peindre uniquement la sottise de l'un et la méchanceté de l'autre? Encore une fois, est-ce là l'homme tout entier? Et le tragique, le comique, l'historien, enfin l'auteur d'une oeuvre écrite, quelle qu'elle soit, aurait-il le droit de nous mettre sous les regards le mal seulement, pour nous décourager et nous désespérer ?
Source : Gallica

Auguste Charaux Conférences publiques de Tarbes… (1869)

Tant de douceur et de poésie, tant d'ardeur et d'imagination dans un cœur, je dirai dans une enveloppe aussi
fragile, émeuvent. On n'en peut vouloir à la volonté, d'avoir quelquefois été impuissante, dans un corps aussi beau et aussi frêle. Au fond, ce monde qui par instants l'enivre et dont il espère les louanges, il l'aime peu, et quelque malheureux ou abandonné qu'il soit de la fortune, il trouve toujours un bonheur secret à se recueillir en lui-même, à se réfugier dans les profondeurs de son imagination, loin du bruit, à jouir de ses larmes
Source : Gallica

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