Chabrier, En caravane à travers l'Algérie… (1901)
“ Le déjeuner est copieux, les toasts vibrants ; il faut partir. Les voitures sont noyées dans une cohue d'indigènes qui s'animent aux marchandages, de portefaix improvisés qui empilent les valises et de gamins qui se disputent nos sous. La foule est si dense qu'un touriste, alourdi par le déjeuner, tombe d'une impériale sans toucher le sol ; il écrase seulement un Kabyle. Du reste, l'écrasé se relève radieux ; il a reçu deux sous et devient un objet d'envie : à ce prix-là, on écraserait toute la Kabylie. Moins radieux est le zouave qu'on interviewe au café. ”
