“Les rues y font Fort étroites, mais- comme on n'y trouve point de voitures, on y marche commodément. Ceux qui ne veulent pas allsr à pied , vont en gondoles fur les canaux. Les gondoles font des petits bateaux très-propres , qui peuvent aller dans tous les quartiers de la ville.”
“Dans l'union de deux coeurs exac bernent fidèles , la conformité des fentimens , la pureté de leur ardeura & une confiance réciproque , les font jouir des plus doux agrémens de la volupté, qu'on acquiert par la tendreffe la plus délicate, & par l'ardeur mutuelle de s'obliger & de fe prévenir.”
“Traité durement par mes prétendus I parens, je conçus une haine invincible pour toutes mes occupations & pour tout ce que je voyais dans leur maifon. Flufieurs fois les entendant parler de I villes & de richeffes , je me plaignais, fans favoir pourquoi, du fort qui ne m'avait pas fait naître dans une ville, ! & au fein de l'abondance. Je vécus ainfi jufqu'à l'âge de quinze ans. Les fentimens de Joannin trop contraires aux miens , & la différence que Genaro & fa femme fefaient de lui à moi, furent caufe que je ne le pouvais fouffrir.”
“Les francifcains y ont une belle églife , une maifon fort commoie & un bel hôp:tal, où l'on peut mettre deux cents lits pour les efclaves Chrétiens. Quoique le terroir de Tripoli foit fabloneux. Les dehors de la ville font très agréables, à eau le de la grande quantité de jardins bien cultivés , où l'on voit beaucoup d'orangers, de citroniers ,& de limoniers.”
“Le château du môle , oit l'on entretient toujours bonne garnifou, eft à l'endroit où le mô'e tient à la terre, au pied des monts Pélégrins. A l'occident de Palerme font les monts Pélégrins, célèbres par la pénitence auftere & la vie dure qu'y mena fainte Rofalie. 'fous les dehors de cette ville font des promenades agréables, où l'on eft à l'abri du foleii à toute heure du jour.”
“Aux grâces touchantes & ingénues de ton âge, tu joins les charmes féduifans d'une beauté accomplie. L'éclat du lys & de la rofe le cède à l'éclat de ton tein. î/aftre de Vénus brille moins axi milieu de la nuit que tes yeux au milieu du jour : ils lancent les feux brûlans du midi ; ils n'échauffent pas, mais ils confument.”
“Nous entrâmes dans la chaloupe „ emportant avec nous ce que nous avions de plus précieux , principale, ment une malle remplie de plufieurs pierres précieules que nous avions eu du midi au nord, a une demi - lieue parifienne de long, & celle qui croife le milieu de la ville, a plus d'un quart de lieue. C'eft le plus bel établiffcment qu'ait la compagnie françaile des Indes orientales ; elle y a un jardin mairnifique qui fert de promenade publique. Meffieurs des millions éttangeres y ont uns maifon”
“Un intime ami d'Alkim nous avait préparé un fuperbe logement dans éviter la chaleur , font iâles & fans pavé. Il y a plu; de huit cent mille habitans , Mores , Cophtes , Grecs, OH Turcs , fans compter les milices du grand feigneur. Le paclia a l'autorité fu;rême & gouverne defpotiquement, non feulement la ville , mais encore toute l'Egypte I! y a auffi quatre muftis peur les quatre principales feétes des Mahométans, & un patriarche Cophte. Les femmes y ont plus de liberté que dans les autres états du Turc.”
“Ne t'inquiète pas , l'amour que j'ai pour toi, eft inexprimable ; il ne peut ni diminuer ni s'accroit-e. Tu ne dois pas ignorer avec combien de douleur je fupporte une auifi longue abfence : crois ton plus cher ami Alkim.”
“Londres eft plus long que Paris, mais moins large. La plupart des rues font larges & droites ; elles ont une efpece de troittoir ou bouquetté des deux côtés, le long des maifons, pour les gens à pied ; les voitur;s paffent dans le milieu qui n'eft pas pavé, & où il y a en tout tems demipied de boue ; les petites rues de traverfes font plus propres , pavées de marbre pour la plupart”
“Le Languedoc, lui dis-je , eft la plus agréable & la plus fertile province de France : l'air y eft prefque toujours pur & ferein ; il abonde en bons vins, en bleds , en beftlaux, en oliv2S , en gibiers , en figues & autres fruits eftimés. C'eft un pays délicieux & fertil en tout ce qui eft néceffaire à la vie. Le commerce y eft très - confidérable.”
“Comme l'on fisvait que j'étais fort lié avec Dom Joan, on me porta chez lui. Son affliction fut extrême lorf. qu'il me vit en un tel état : s'étant fait raconter toutes les circonftances de cette aventure : il penfa auffi- tôt ce que ce pouvait être ; il envoya chez moi quatre de fes plus fidèles domefti.”
“TOUS êtes pour moi, & c'efk Alkim qui nie le demande. Vous êtes l'être le plus thtéreffant à mon coeur: vous m'êtes plus cher que ma vie même. Depuis que je fuis privée du piaifir de vous voir, il femble qu'il manque quelque chofe à mon exiitence : je fuis toujours chagrine, toujous mélancolique. .. un jour me paroiffak bien, long , lorfju'il s'écoulait fans vous voir, fans vous parler : jugez de ce qu'il en doit être maintenant qu'il y a plus d'un mois que je fuis privée de cette ft sgréable fotisfaction.”
“Lorfque tout fut prêt, ils s'em. marquèrent tous quatre avec joie. A peme la chaloupe fut-elle à un quart de lieue du rivage, qu'elle commença à fe remplir d'eau : nous ïes vîmes Francifca & moi, fort attriftés de ce défaftre, travailler de toutes leurs forces pour tâcher de s'approcher du rivage. Mais l'eau entrant toujours d'avantage par i;ne fente qu'ils n'avaient pas eu foin de bien boucher, la chalouppe s'enfonqî a notre vue., Saifies de frayeur, îious fîmes , Francifca & moi , retentir l'isle de nos cris percans & doloureux ; je tombai fans fentiment.”
“Lorfque nous arrivâmes chez mon oncle , nous le trouvâmes feul ; il nous tint long-tems ferrés dans fes bras en nous faifant mille careffes ; mais la force du fentiment faififiant mon coufin, il ne put proférer une feule parole. Voilà donc enfin , dit mon oHcle , ces enfans qui m'ont caufé tant d'inquiétudes !... Le ciel vous rend à mes voeux & remplit tous mes defirs. De Lanoy préfenta fon époufe à fon pere qui l'a reçu avec cet air de franchife & de bonté qui l'accompagnait dans toutes fes actions.”
“Quel plaifir je refL-ns à vous embraffer, lui dis-je, & que j'étais impatiente de vous marquer la joie que j'ai de vous appartenir: exeufez , s'il vous plaît, ma hardieffe; je fuis les coutumes de mon pays ; peut-être qu'Alkim ne m'en blâmera pas. Il s'en faut bien , reprit Alkjm: fi toutes les Françaifes te relTemblent, je ne fuis plus furpris files hommes ne prennent qu'une femme dans ton pays.”
“Elle eft bien fortifiée & a un bon château, qui fert de Forrereffe, où font renfermés quantité de defteraux & de rays Turcs. Elle n'a que trois portes , la Pont % Naf les, la Porte de Rome & la Porte neuve; cette dernière eft prefque toujours fermée , & ne conduit que dans la prairie, fans aucun chemin. Elle a une petite place d'armes, près de laquelle font les prifons publiques & la cathédrale. Les rues fout larges & bien pavées de pierres plattes; les maifons y lent fort mal bâties.”
“S'il eft encore du bonheur fur la terre , fi l'homme peut l'efpérer & en jouir, c'en: dans le fein de l'amour conjugal : c'eft !à que règne l'aimable confiance, & cette douce union, qui étend notre txiftenee, & en fait tous les charmes ; c'eft là enfin qu'on trouve la paix du coeur. Mon pere , après cette perte, tourna toute fon attention vers moi, & eut grand foin de mon éducation. Lorsque je fus en âge de profiter de fes leqons , il m'enfeigna lui. même l'Italien , les mathématiques, !a mufiqûe & le deffein.”
“Francifca , que j'avais prife pour ma compagne, \.e me quittait point ; elle tâchait de me difllper par le récit de fes aventures. Il y avait un an qu'elle avait été prife près de l'isle d Uftica ( 12 ) par un corfaire de Tripoli, en allant de Naples à Palerme , pour demeurer avec un frère qui l'aimait beaucoup ; la mere d'Alkim l'avait cédée ( IÎ ) Uftica , petite isie de la mer Méditerranée au n. o. des isles Lipari , entre la Sicile & Naples ,• il n'y a qu'une forteuffe ; le roi de Naples y entretient garniron. Tout ce qui eft néciffaire à la vie, y eft apporté de Palerme , jufqu'à l'eau.”
“LANGUEDOCIENNE. 79 vente, comme vous ne l'ignorez pas; un marchand d'efclaves Egyptien m'acheta ; il me conduifit au Caire -, avec plufieurs autres compagnons de mon infortune. Lorfque paffant par Aiberton il me vendit à un riche négociant Turc"; je ne puis que me féliciter d'être tombé fous la puiflance d'un fi parfait honnête homme : j'étais plutô:fon ami que fon efclave ; il a toujours eu pour moi toutes fortes d'égards & de bontés. Quelque tems après fes affaires l'appellant dans les Indes, nous en fîme le voyage fans aucun mauvais tems.”
“TÇ4- VOTAGEUSE reliai un moment fans lui répondre. Puis je lui dis : Joannin , tu es dans une grande erreur, tu te crois heureux & tu es le plus miiheureux des hommes ; fais attention à c§ que je te dis, retournes dans le bon chemin, dont tu t'es beaucoup éloigné. Quant à moi, je ne fais que fort peu de cas de ta félicité , je n'envie point les richeffes : j'aime mieux mourir pauvre, que de. devenir un miférable apoltat.”
“J'ai vu , lui dit-elie, M. îe comte d'Itri, qui m'a parlé de vous; c'eft le plus fidèle & le plus paf. fionne des hommes, & vous êtes la plus cruelle de toutes les femmes. Vous connaiffez combien il eft aimable & vous refufez de l'aimer. Si vous l'aimez-vous vous faites un plaifir malin de le tourmenter en le privant d'un bien que peut-être vous défirez autant que lui.”
“Alkim, dé Lanoy & les deux efcla. ves fe hâtèrent de chercher une retraite , qui put nous mettre à couvert, ils trouvèrent heurefement , fous une pointe de rocher, affez proche de l'endroit où nous étions, uns efpece de grotte affez large & très, profonde. Ils y entrèrent pour la vifiter & m'y conduifirent avec Francifea. La mer toujours agitée faifait un bruit affreux: nos quatre hommes avaient cependant tiré la chaloupe fur le rivage.”
“Je le laiffai dire fans l'interrompre ; & lorfqu'il eut ceffé de parler, je convins que toutes fes raifons étaient fort bonnes ; mais que pour moi il n'y A 4 $ LA VOTAGEVSS avait que deux partis à prendre , ou l'amour de Jofephine, ou la mort, Mon pere fut fi affligé de ce qu'il venait d'apprendre, qu'il refla un mo. ment fans pouvoir proférer une feule parole. Il me tint enfuite ce difcours ; non , mon fi's, tu ne mourras pas, je ferai mon poffible, foit par moi- même, foit par mes amis pour te rendre heureux & pour faire confentir le pere de Jofephine à l'union de fa fille avec toi.”
“Le tailleur entra dans le moment avec un habit fuperbe à la lévantïne , qu'Aikim avait fait choiiir à mon coufin , avant même d'entrer dans la maifon. De Lanoy était un jeune homme bienfait, âgé de vingt. deux aiis , qui poffédait par. faitement tous les talens néceffaires à ceux de fa condition. Alkim fe réferva le foin de- pourvoir à fa garderobe. J'étais trop curieufe d'apprendre par quel hazard d e Lanoy était clans les Indes , pour attendre plus long- LA VO r A a E U S E tems de fatisfaire ma curiofité. rilkim. & moi le priâmes de nous raconter fes aventures.”
“Eft-il poffible, dii'ais-je, que le ciel ne protège pas mon innocence?... Comme j'étais plongé dans mes réflexions , le geôlier vint à mon cachot pour me dire de le fuivre qu'on m'allait interroger de nouveau ; monfîeur , me dit-il , il y a apparence que vous êtes innocent: on a arrêté, il y a un moment , un moniteur qui vous reflemble beaucoup , on croit que c'eft le vrai chevalier de Lautrec. Cette nouvelle me donna une grande confolation, & me fit un plaifir inexprimable”
“Du nombre des comédiennes était une françaife nommée Madame Brunet , très - coquettù; & habile dans l'art de s'attirer des adorateurs qui puffent fubvenir aux grandes dépenfes qu'elle faifait. Elle me plut beaucoup la première fois que je la vis, & je tâchai dès 1ers de me procurer fon amitié. Je la priai un foir de venir dans ma loge , ce qu'elle fit fans beaucoup fe faire prier.”
“Cette abbaye a fes franohifes & fa police particulière; le parlement s'y affemble dans le palais qui appartenait à fon abbé; elle eft le lieu de la féputure des rois. La tour de Londres eft une fortereffe d'un mille de tour , ainft nommée, à caufe d'une grande tour quanée qui eft au milieu. On y fabrique la monnoie, & elle a un arfenal où il y a de quoi armer 60 mille hommes.”
“Les chaleurs y étaient exceifives, hereuiènient les arbres dont elle était corn ette , fervaient à nous garantir des ardeurs du foleii : il n'y avait datir cette isle aucune bête féroce dont nous euuions à sraindre, LANGUEDOCIENNE. 99 Nous payâmes les premiers mois affez tranquillement ; chacun de nous avait fon occupation. Aikim & de Lanoy allaient fouvent à la chaffe & à ia pêche , qui y était très-abondante , Thomas & Adrien ( que je n'appellerai plus efclaves ) s'occu. paient auffi utilement. Thomas avait affez bien réuffi à faire du fel , & Adrien à faire nos meubles decuifine”
“Cette anecdote prouve la grande modération de l'empereur Adrien , & la vivacité de la villageoife Languedocienne. Il y avait déjà un an & demi que j'étais unie à Alkim ; il me femblait qu'il n'y avait qu'un jour. Chaque jour était marqué par quelques plai. firs, & par quelques fêtes nouvelles. Alkim avait un oncle auprès du grand. Mogol, qui lui fit favoir par la voie d'un négociant qui venait de Surate , qu'il avait un grand defir de le voir à Agra , ainfi que moi. Il le priait inftamment de profiter d'un vaille...:, qu'il devait envoyer à Suez , pour nous tranfporter dans les Indes.”
“De Lanoy vit LANGUEDOCIENNE, tiỳ heureux avec la tendre Francifca qui a retrouve fes parens. Nos deux maîfons ne font qu'une ; il y a déjà un an que je fuis mariée , il, me femble que; ce fut hier, tant je fuis heureufe ave® mon époux. La mere de mon époux préférant le féjour de Capoue à Celui de Nazies, me prefTait chaque jour d'y aller demeure? avec elle. J'acquicfçai a tout pour lui plaire , ce qui fut caufe que je me réparai à regret de mon couftn & de ma chère Fiancifcafon époure. Nous nous voyons cependant fouvent ; tantôt de Lanoy vient avec fon époufe paffer quelque tems à Capoue”
“Cette ville eft grande & bien fartifée. Le pa- LANGUEDOCIENNE. 39 .voulut auíìì nous procurer le piaifir de voir cette grande ville, qui n'eft éloignée d'Agra que de quarante lieues. Le chemin qui y conduit a été tiré au cordeau fur un terrein qui eft de niveau , & dont tous les vallons ont été comblés & les montagnes aplanies ; il ■eft bordé de quatre rangs d'arbres, dont le pied eft humeélé par des rigoles qu'on y a tirées pour combattre l'aridité du terroir. Nous paffámes tout l'été à Delhy , nous revînmes enfuite à Agra au mois de feptembre, d'où nous partîmes pour Surate un mois après.”
“Ta naïveté me fait un piaifir extrême. Je crois que le ciel nous a créés tous les deux avec les fentimens les plus capables de former l'union la pins douce : il nous punirait fans doute, fi nous tardions pins long-tems à exécuter fes facrés décrets. Je t'aime , chère Zéïla , oui , je t'aime : puiifes - tu n'en plus douter ! Les adorables qualités qui te diftinjuent avec tant d'éclat, font des charmes trop invincibles, pour qu'il en foit autrement.”
“De Lanoy prit un mulet, ainfi que nos domeftiques. Je vis avec furprife un lac au fommet de la montagne, on y pêche de fort bonnes truittes dont nous nous régalâmes à l'auberge qu'on nomme la porte, qui eft tout auprès du lac. Arrivés à la Novalefa , on remonta nos voitures ; nous continuâmes enfuite notre route jufques à Nafrouve Nafrouve fcrct rfc confire fur la plante au ■moment de leurs maturité, cette nenveile découverte fut faite paris perede ces mt/fieurs fans m des châteaux de £&.”
“Naples eft défendu par trois châteaux, nommés : le château Joint Elme, le château Neuf, & h château de l'Oeuf. Ls château Si. Elme eft fur une colline & commande toute la ville : la colline où il eft fitué, eft comme un pain de fucre. La château Neuf eft contigu au palais royal & commande Je po t. Le château de l'Oeuf , ainfi nommé parée qu'il en a '.a figure , eft au milieu de la mer , à l'endroit où les Grecs bâtirent iu:r Fois la ville de Megara. Lneulîas m fit fa maifon de campagne ; les Normniir. en firent enfuite une fortereffe pour m defcnle de la ville.”
“Quelques heures après nous vîmes avec joie que le vaiifeau avait appercu nos fignaux , & qu'il nous envoyait la chaloupe dans laquelle il y avait huit perfonnes. De Lanoi leur indiqua l'endroit le plus commode pour aborder. Ils nous apprirent que le vaiifeau était Français & venait de Pendicheri ( $ o ) , que les ( $o) Poniicheri, grande, belle & forte tille des Indes orientales , fur la côte de Coromandel au deçà du Gmge. Elle eft défendue par un bon fort.”
“Ils font agiles, fiers, bons guerriers , propres au« arts & aux feiences, mais fort parefleux & fans commerce. C'eit une beauté parmi eux d'avoir les dents noires. Cette isle eft ilivifée entre plufieurs fouverains qui fe font fouvent la guerre. Les Français y firent quelques étnbliflemens en i66ç dans fa partie méridionale ; ils la nommèrent l'isle Dauphine en l'honneur de l'ayeal de Loris XV. Us y avaient bâti le fort Daufhtn, mais les infulaires égorgèrent la gamifon en 1673 ; ceux qui refterent de ce carnage, te fauverent avec i »;ne , alafaveuc d'un vauTeau qui était à la voile.”
“Les Languedociens font en général bien fait , honnêtes, amateurs des fciennes, affables envers les étrangers, rcbuftes, francs, courageux : ils ont de tout tems été d'une vivacité fans ég?le. On rapporte qu'une villageoife ayant rencontré près de Nîmes l'empereur iElius Adrien , qui faifait défiler l'armée Romaine , le fuppiia de vouloir l'écouter : cet empereur lui d.r qu'il n'avait pas le tems de l'en, tendre.”
“Grand Dieu f m'écriai je : j'ai déjà été à Turin une autrefois !.. . J'ai tué Monfieur de la Sale ! ... c'eft la première fois que j'entens prononcer ce nom !... Tu t'obflines à nier , répliqua le vieillard , mais je te ferai bien dire la vérité.En parlant ainfi i' fonna une petite cloche, il vint un homme à qui il dit à baffe-voix Quelques paroles, puis cet homme fortit. Il rentra un moment après fuivi d'un officier que je reconnus auffitôt pour ce'uî qui m'avait parlé à la place du château. Monfieur de la Sale , dit le juge , cet homme dit n'être jamais venu à Tem.”
“VOTAGEVSE que la providence divine eft imnenfe. Je remerciai ce feigneur des bontés qu'il voulait bien avoir pour nous. Il nous conduit dans une maifon fuperbe, environnée àî jardins ma. gnifiques , fur une colline peu diftante de la ville. Arrivés dans fa maifon, il nous fit mettre à tabie avec lui, & me pria de lui faire un récit bien ciraonftancié de toutes mes aventures. Ce que je fis avec plaifir. Lorfque j'eus ceifé de parler, il me dit : je tiendrai la parole que je vous ai donnée ce matin en fortant de l'églife des carmes. Je vous donnerai du fecours dans votre affliction”