Résumé

Achille Chéron La non-déduction du passif héréditaire en matière fiscale et les projets de réforme… (1900)

A nos yeux, l'impôt des succession est une rançon acquittée par l'individu pour hériter d'un bien qu'il n'a pas gagné par son travail ; la loi fait payer un droit en compensation de ce qu'elle donne dans le cas d'hérédité légale, ou de ce qu'elle permet, dans le cas de succession testamentaire.
Or ce qui est transmis à l'héritier, la valeur pour laquelle l'héritier doit une rançon comme prix de la protection sociale qui rend possible sans violence la dévolution des biens sur sa tête, n'est-ce pas la valeur réelle, déduction faite de tout le passif qui peut la grever ?
Source : Gallica

Achille Chéron La non-déduction du passif héréditaire en matière fiscale et les projets de réforme… (1900)

Nous pouvons imaginer mieux : une succession immobilière de 100,000 francs grevée d'un passif de 99,000 francs ; un héritier en ligne directe, moralement obligé par des considérations d'honneur, de famille, d'accepter la succession paternelle. Que recueille-t-il en réalité ? 1,000 francs. Combien paiet-il au fisc ? 1,000 francs. De telle sorte qu'en réalité c'est le Trésor, non le successible qui hérite.
Il peut même arriver que, le passif égalant l'actif, un héritier, n'ayant rien recueilli du tout, soit tenu de payer une somme qu'il n'a pas reçue, et cela sur ses biens personnels.
Source : Gallica

Achille Chéron La non-déduction du passif héréditaire en matière fiscale et les projets de réforme… (1900)

Il est inexact, à notre avis, que la nation ait à réclamer le droit de succession au nom d'une prétendue copropriété. La preuve que la taxe successorale n'a pas cette origine, nous la trouvons dans l'histoire de la législation romaine sur ce point. C'est seulement sous Auguste, c'est-à-dire bien longtemps après l'établissement de la propriété à Rome que fut créée la vicesima hereditatum, impôt romain des successions.
Source : Gallica

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