Alexandre Hepp,
Les Anges parisiens
(1886)
“ Le sou tient au cœur plus qu'à la Bourse, il a servi et a assisté à de grandes choses, ce petit sou. Lorsqu'il a gagné ses premiers dix sous, en monnaie, Laffite, le banquier à l'épingle, s'en est allé par devant lui, chantant : J'ai des sous ! j'ai des sous! Et il faisait sauter son billon dans sa poche remplie de toiles d'araignée. Ces sous massifs, lourds, disgracieux, lui donnaient toute une force, — la conscience qu'il était quelqu'un. Dix sous de nickel ne l'auraient pas soutenu peut-être pour l'avenir, dix sous maigres, tristes, — malheureux. ”
