Alphonse Despine

Résumé

Alphonse Despine Souvenirs militaires du Frioul (1869)

Pourtant, nous touchons à l'heure du combat. La Drave nous sépare de l'ennemi. Un vieux pont, coupé vers son milieu et dont les arches brisées sont rejointes par de mauvais madriers, nous indique la route à suivre. Un peu en aval, sur notre rive, le village de Rosette est occupé par nos voltigeurs. Quelques-uns de ceux-ci montent au clocher, engagent le feu et, par une fusillade continue, s'efforcent de repousser les Autrichiens qui, eux aussi, convoitent le passage du pont. Nos pièces d'artillerie, chargées tantôt à boulets et tantôt à mitraille, appuyent les voltigeurs.
Source : Gallica

Alphonse Despine Souvenirs militaires du Frioul (1869)

De Milan à Turin, notre misère se prolongea malgré la richesse du pays.
Arrivés près de Turin, dans une vaste plaine, nous apprîmes que l'aigle avait replié ses ailes et que l'Empire avait cessé d'exister. Un ordre du jour annonça l'abdication de Napoléon le Grand, les malheurs de la France et « l'avénement de Louis-François-Stanislas-Xavier, XVIIIe du nom. »
Le germe de l'Empire sorti du sein de la patrie, alors à peine remise des convulsions qui précèdent un laborieux enfantement, avait grandi au milieu de toutes les gloires.
Source : Gallica

Alphonse Despine Souvenirs militaires du Frioul (1869)

Tous nos jeunes gens, couchés à terre, couvraient les champs, les Irords du chemin et les fossés. L'un ôte ses souliers pour panser de larges ampoules; un autre mange avec avidité du pain durci par le soleil et qu'assaisonne la boue liquide dont j'ai parlé; ici, celui qui ne possède rien pour se rassasier s'endort de chaleur et de lassitude sous un arbre, tandis que là une dispute s'anime entre le caporal et le conscrit, dont on refuse la réclamation d'être déchargé du fardeau qui l'écrase.
Source : Gallica

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