“ Lui, si fort pour démolir, il est impuissant à édifier. L’essaie-t-il, il devient grotesque, ridicule lui-même.Il brille dans l’opposition; mais qu’il passe au pouvoir, il s’éteint et meurt. Il a les mêmes hommes, cependant, le même état-major, le même esprit; peu importe, il n’est plus dans son élément. Il justifie ainsi ce mot d’un ministre qui perdit, en gagnant le portefeuille, la verve incisive qui lui avait valu le pouvoir.—Ah çà! sommes-nous donc des imbéciles? Je ne vois d’esprit que chez nos adversaires.Allié utile aux jours de lutte, le petit journal devient souvent dangereux. ”
Anonymous
Résumé
L’ancien Figaro, œuvre anonyme datant de la période de la Restauration, explore la tension entre presse et pouvoir politique à travers le prisme satirique du journal. En représentant des figures telles que Martignac ou Polignac, ainsi que les débats parlementaires, l’ouvrage critique l’incapacité des gouvernants à gouverner, soulignant l’efficacité paradoxale de la presse comme force de contestation.
Les thèmes de l’esprit critique, des symboles et des jésuites révèlent une analyse acerbe de la vie politique, où le journal devient à la fois arme et cible. L’œuvre, liée à la chute de Charles X et aux événements de 1830, incarne une réflexion sur la liberté d’expression et ses limites.
Citations de L'ancien Figaro (Anonymous)
“ On ne veut que m’interdire cauteleusement la verve du premier rôle, en m’offrant la gloire du second. C’est une défense indirecte, une flatterie jésuitique pour me donner de l’amour-propre et changer mon allure d’étourdi en manière de pédagogue. On veut discréditer la malice en permettant le génie.—Figaro faire fi du génie! Voilà du neuf! c’est battre sa nourrice et renier son père!—Eh! mon Dieu, j’ai de l’amour-propre! Cela n’est pas permis à tout le monde: d’accord; mais j’ai aussi du bon sens: la main habituée à effleurer l’épiderme avec la lancette sera gauche pour manier la massue. ”
“ M. Casimir Périer ne s’est pas moins illustré par la défense des libertés nationales contre leurs ennemis de l’intérieur. Le premier a servi la France par son crédit et par ses lumières; le second a bien mérité d’elle par son éloquence patriotique. Toutefois, pendant le cours de sa carrière parlementaire, M. Périer s’est montré plus orateur, et M. Laffitte plus homme d’Etat. C’est qu’en effet, de nos jours, la richesse des nations est le véritable secret de leur puissance, et le politique le plus habile, celui qui entend le mieux l’administration de la fortune publique. ”
