August Schneegans

Résumé

August Schneegans La Guerre en Alsace. Strasbourg… (1871)

On craint la nation, plus qu'on ne craint l'ennemi lui-même; on prend à tâche de tuer en elle toute force d'initiative, d'émasculer sa virilité, d'annihiler son action ; pendant un quart de siècle, on la garotte, on la bâillonne; et, quand une crise suprême éclate, quand un peuple entier, armé en guerre, franchit les frontières, plutôt que de crier à cette nation : « Lève toi ! tout le monde aux remparts ! le fusil au poing ! sous l'oriflamme de la patrie en danger ! » — plutôt que de remettre à la France les destinées de la France, on invente des victoires, pour calmer un patriotisme inquiet
Source : Gallica

August Schneegans La Guerre en Alsace. Strasbourg… (1871)

« Ils pensent nous amener à capituler? Nous mourrons plutôt ! » — Nul ne peut soupçonner quel élan prodigieux emporta cette population. La veille encore, on raisonnait froidement, et l'on se disait que Strasbourg était perdu; le lendemain, tout était effacé: perdu ou non, qu'importe? il faut tenir jusqu'à la dernière extrémité.
Il se mêlait à cette fièvre une indignation extrême contre les auteurs de la guerre, contre ce gouvernement insensé qui abandonnait notre ville, et qui trahissait le pays.
Source : Gallica

August Schneegans La Guerre en Alsace. Strasbourg… (1871)

Eh quoi ! nos armées reculaient de toutes parts ; aucun général ne songeait à jeter dans nos murs un corps d'armée qui nous permît de résister; la situation empirait tous les jours ; le préfet le savait, au lieu de faire à notre virilité un appel suprême qui aurait enlevé la population et nous eût tous portés sur les remparts, on nous endormait par des rapports trompeurs, on se débarrassait de notre concours patriotique, on affecbit, comme l'on avait fait depuis vingt années, à mettre audessus des intérêts sacrés de la France les misérables intérêts d'une dynastie et de ses séides.
Source : Gallica

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