Auguste Gilbert de Voisins

Auguste Gilbert de Voisins

Résumé

Portrait de Auguste Gilbert de Voisins Auguste Gilbert de Voisins L'absence et le retour (1928)

Madeleine... Je puis prononcer le nom de Madeleine ! Sans doute, en m’adressant à elle, j’emploie le vocable de cérémonie : Mademoiselle, mais lorsque je lui parle en secret, dans mon cœur, Madeleine, le nom de la jeune fille à qui toute ma vie est vouée, Madeleine s’offre à mes lèvres pour se laisser prononcer en silence.
Non, je n’ai plus besoin de banderole ni de mur crépi ! ce sont des soins superflus que de peindre ou d’inscrire le nom bien aimé ! Pourquoi ne puis-je, cependant, le murmurer, le prononcer de vive voix, le crier ?... Ah ! ne gâchons pas notre bonheur !
Source : Gutenberg

Portrait de Auguste Gilbert de Voisins Auguste Gilbert de Voisins L'absence et le retour (1928)

Madeleine est chez elle et n’est pas venue me voir. Elle a ses raisons. Je connais bien Madeleine ; son cœur est d’une autre qualité que les cœurs du commun : le sang qui coule dans ce cœur, qui le fait battre, est plus pur. Elle m’attend comme je l’attends, mais des raisons majeures s’interposent, empêchent la rencontre. Elle doit le juger ainsi : nous jugions si souvent de même !
Mais... mais Jérôme ne va-t-il pas la voir ? Oui, son amitié pour nous l’y oblige. Il s’en voudrait d’agir autrement. Fort attaché à Madeleine, il lui rend visite chez elle, en face... pas très souvent...
Source : Gutenberg

Portrait de Auguste Gilbert de Voisins Auguste Gilbert de Voisins L'absence et le retour (1928)

On se promènerait volontiers ! Je vois du soleil ; le ciel doit se rapprocher du bleu, du bleu pâle de Paris, se parer d’ailes d’anges, à peine sales, presque blanches... Un beau ciel, quoi !
Cependant, afin de m’agréer, le vent me conduit à rêver de beaux voyages, de longues traversées, (je suis bon marin) , d’aventures lointaines, ou, simplement, il me rappelle des coups de mistral en Provence, où les platanes ont l’air si malheureux, où la couleur de la Méditerranée change, où le ciel (le seul qui soit) , se dévêt de tout ornement floconneux et se montre nu.
Madeleine aimait le vent.
Source : Gutenberg

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