Résumé

Bruno Lacombe Eloge de Vergniaud. Discours de rentrée prononcé à l'ouverture des conférences de l'ordre des avocats de Bordeaux… (1875)

« Je vous écris rarement. Pardonnez-moi. Ma tête est souvent remplie de pensées pénibles, et mon cœur de sentiments douloureux. A peine me restet-il quelquefois assez de force morale pour remplir mes devoirs. Votre pensée est ma consolation. Étranger, vous le savez, a toute espèce d'ambition, n'ayant ni les prétentions de la fortune ni celles de la gloire, je ne forme pour moi qu'un seul désir, c'est de pouvoir un jour avec vous jouir dans la retraite du triomphe de la patrie et de la liberté ! »
(1) Discours de Vergniaud, séance du 25 septembre 1792. (Moniteur du 27 septembre.)
Source : Gallica

Bruno Lacombe Eloge de Vergniaud. Discours de rentrée prononcé à l'ouverture des conférences de l'ordre des avocats de Bordeaux… (1875)

Cette noble profession du barreau, où s'exerce le talent et s'entretient l'indépendance, a-t-elle donc perdu ce charme tout-puissant qui t'avait séduit? ses luttes savantes ne suffisent-elles plus à ton éloquence ? la renommée n'est pas assez pour toi, et tu veux la gloire; et de la barre tu rêves la tribune. Oh! prends garde! l'ambition est une dangereuse idole, la popularité une perfide maîtresse; et ce gouffre de la Révolution, où tu vas te jeter confiant, doit dévorer bien des victimes, comme toi illustres, comme toi généreuses, comme toi rayonnantes de jeunesse, de génie et d'espérance.
Source : Gallica

Bruno Lacombe Eloge de Vergniaud. Discours de rentrée prononcé à l'ouverture des conférences de l'ordre des avocats de Bordeaux… (1875)

Mais non! c'est la voix de la patrie qui t'appelle, et c'est aux plus grands qu'elle demande les plus héroïques dévouements ! Marche donc, fût-ce au sacrifice, et dusses-tu, comme les géants de la tribune antique, après avoir connu tous les enivrements de la gloire, épuiser toutes les amertumes du malheur ! Eh! qu'importe?
Comme eux, aussi, tu auras ta récompense! comme eux tu vivras à jamais dans la mémoire des hommes, et tu te couvriras toi-même, tu couvriras ton ordre, ce barreau, ta patrie enfin, d'un incomparable et immortel éclat.
Source : Gallica

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