Claude Farrère

Claude Farrère

Résumé

Portrait de Claude Farrère Claude Farrère Mademoiselle Dax

Mademoiselle de Retz considérait fixement l’étoile :
— Les petits-enfants de nos petits-enfants la verront luire pareille durant de pareilles nuits. Elle mourra pourtant, à son tour, comme nous-mêmes...
— Quelque chose, – dit Fougères, – ne mourra pas !
— Ne mourra pas ?...
— Le feu dont elle brille ! car les astres s’éteignent, mais d’autres astres se rallument. Et le ciel, mille et mille fois renouvelé, est ce soir aussi jeune qu’il l’était, il y a cent millions de siècles ! Aujourd’hui, des atomes quelconques se sont rencontrés là-haut, et de leur contact, une flamme est née.
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Portrait de Claude Farrère Claude Farrère Mademoiselle Dax

Vous avez la santé, plus précieuse que la richesse. Vous avez la richesse aussi : car je ne sais pas grand’chose de la vie mondaine de cette ville ; mais le nom de M. Dax est pourtant venu jusqu’à moi, tellement on vante partout son ardeur laborieuse, l’opiniâtreté de ses efforts, et le succès qui l’a récompensé. – Mon enfant, quand votre père, déjà vieux et déjà opulent, use sa vie, au fond d’un bureau, pour accroître cette fortune dont il ne jouit pas, et qui sera vôtre un jour, à qui donc sacrifie-t-il son repos, sa paix ?
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Portrait de Claude Farrère Claude Farrère Mademoiselle Dax

N’oubliez pas le soleil d’été torride, ni la pluie d’hiver quotidienne. La boue, gluante comme une poix, ne sèche jamais que pour se changer en une poussière qui aveugle.
— Et vous aimez cette ville-là ?
La voix de Fougères s’assourdit soudain, rêveuse et voilée :
— Oui, je l’aime. Je l’aime mieux que toutes les villes, mieux que Naples et mieux que Venise, – mieux que Paris. – Stamboul, Stamboul !... Vous ne pouvez pas comprendre, petite Alice, vous qui n’avez jamais quitté votre France propre et peignée, ou cette Suisse enrubannée comme une bergerie de gosse.
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