Résumé

Ernest Bertin La société du Consulat et de l'Empire (1890)

Davout gronde quelquefois sa femme, mais c'est de son trop de vertu. Il doit lui rappeler qu'elle est jeune, qu'elle est belle, qu'elle sait se parer avec goût.
Elle se résigne, sur ses instances, à paraître dans les fêtes de la cour, mais c'est pour y rester comme fixée à sa place, sans danser, sans parler, sans sourire, le regard et la pensée tournés vers l'absent.
Un seul sentiment la dispute à cet amour, c'est la tendresse maternelle, douloureusement aiguisée par la mort de plusieurs enfants; et ce sentiment est si prompt à s'alarmer qu'il la fait parfois hésiter à rejoindre son mari.
Source : Gallica

Ernest Bertin La société du Consulat et de l'Empire (1890)

Sa façon d'aimer à elle, elle la retrouve avec ravissement exprimée par l'un de ses écrivains favoris, La Bruyère, qu'elle relit, médite et grave en sa mémoire, surtout aux endroits où sa verve s'adoucit et son cœur se découvre : « Être avec les gens qu'on aime, cela suffit; rêver, leur parler, ne point leur parler; penser à eux, penser à des choses plus indifférentes, mais auprès d'eux, tout est égal. »
Ce sentiment doux, profond et comme voilé de grâce mélancolique semble avoir gardé l'empreinte des circonstances douloureuses où, tout enfant, elle connut son mari.
Source : Gallica

Ernest Bertin La société du Consulat et de l'Empire (1890)

Rien dans les lettres de Davout ne trahit le maréchal bouillant et indigné que vient de nous peindre Trobriand. La passion peut l'emporter un moment : elle ne le mène pas. Par un effet de sa modération, de sa gravité, de son élévation de caractère, il se maîtrise, il se gouverne, il se possède ; la possession de soi semble être son état naturel. Malheureusement il ne pouvait supprimer sa victoire ou s'engager à n'en pas gagner d'autre, et l'envie continue de croître
et de s'irriter autour de lui, sans réussir à jeter le trouble dans son cœur.
Source : Gallica

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