“ Ils s’avancent de front sur cet asphalte qui est leur sol natal. De front, unis, et le monde s’ouvre devant leurs espérances. Leurs yeux luisent. Qu’il fait bon vivre un soir comme celui-ci, à l’heure où s’allument les réverbères, les rampes électriques et les enseignes et les devantures chatoyantes. Tout est oublié des anciennes rigueurs... Louise s’imagine déjà devant les soldes de « La Maison Dorée », les doigts pris dans les flots d’étoffe. Elle s’arrête, les battements de son cœur la bouleversent. Lecouvreur, lui, voudrait confier sa joie à tous. ”
Résumé
“L’Hôtel du Nord”, est une œuvre de Eugène Dabit. Des thèmes tels que Lecouvreur, Renée ou Louise y sont abordés.
Citations de L’Hôtel du Nord (Eugène Dabit)
“ Des numéros dansaient dans sa tête, elle était encore toute surprise de la variété des chambres qu’elle avait visitées. Elle trouvait sa besogne plus douce que celle de la ferme. Là-bas, lorsque le soir venait, elle n’avait rien à espérer, qu’un silence engourdissant, et il lui eût fallu parcourir plusieurs kilomètres pour aller à un bal. Au contraire, quai de Jemmapes, les réverbères s’allumaient et mêlaient leur éclat à celui des devantures ; des hommes rentraient du travail en fredonnant ; on entendait crier, en bas, dans la boutique. Une fièvre brûlait Renée. ”
“ Le vieux Charles venait de la campagne. Il aimait ce métier de camionneur, ces écuries, ce fumier dans la cour, qui lui rappelaient les fermes de la Beauce. Il avait son idée : faire chasser le palefrin et s’emparer de sa place. Aussi tournait-il autour du gros Latouche comme un moustique. Il le flattait et grimaçait pour lui sourire ; jamais il ne buvait un verre chez Lecouvreur sans l’inviter. Idée fixe, désir de maniaque dans sa cervelle détraquée. Un beau jour, il arriva à ses fins : Latouche renvoya le palefrin. ”
“ Delphine et Julie Pellevoisin vivaient à l’hôtel comme elles auraient vécu en province. Lentes, tâtillonnes, soucieuses de l’avenir et craintives devant les hasards, elles ne sortaient jamais. Leur chambre, fermée aux bruits du dehors, était à leur image : décor sans grâce, sans air, où naissaient et mouraient leurs songeries de vieilles filles. Delphine avait trente-six ans, Julie trente et un. Elles se ressemblaient, disait Louise, « comme deux sœurs jumelles » ; mêmes traits, mêmes chairs fades, mêmes yeux troubles. ”
“ Louise examina la cuisine où les casseroles pendues brillaient dans l’ombre comme des planètes au fond d’un ciel. Par un geste, qui lui était habituel, elle passa la main sur les meubles pour y chercher de la poussière. — C’est propre, dit-elle à Renée qui rougissait. Quand elle entra dans la boutique, la lumière l’éblouit. Des consommateurs entouraient le comptoir. Elle les reconnut et leur serra la main comme à des amis. ”
“ Impossible de dormir. Des clients ivres, ne trouvant plus la sonnerie, frappaient du pied contre la porte avec des appels pâteux. En chemise, Lecouvreur se levait et allait ouvrir. — Tâchez de ne pas vous tromper de chambre, grognait-il. Il regardait la pendule : 2 heures du matin, faisait une petite ronde dans la boutique que les becs de gaz du canal éclairaient faiblement. Des ombres parfois s’attardaient devant le café, dessinant sur les vitres des angles et des courbes fantastiques : des rôdeurs, peut-être, les boulevards extérieurs n’étaient pas loin ! ”
“ L’eau est calme ; les péniches, immobiles et pansues, sont allongées comme des bêtes. Il va lentement. Il contourne un homme étendu, qui repose la tête appuyée sur un sac de ciment. Un « clochard ». L’asile du quai de Valmy est là-bas, sombre et nu comme une caserne. Des êtres marchent, les épaules repliées, la poitrine creuse, des vieux qui triment, traînent leur existence comme le palefrin. Un à un, en courbant l’échine, ils franchissent la porte de l’Asile. « Y sont tout de même mieux là-dedans que sous les ponts, » pense Lecouvreur. ”
“ Renée avait 22 ans. Elle n’était ni belle, ni laide, ses joues rebondies sentaient encore la campagne. Sa jeunesse avait été malheureuse et soumise. Trimault se montrait égoïste. Soit, elle travaillerait pour lui plaire. Elle s’engageait dans la vie sans avoir souci du bien ni du mal. Elle admirait les femmes qu’elle croisait dans la rue. Les unes surgissaient devant elle parées comme des idoles, les autres, quelquefois de très jeunes filles, se glissaient au milieu des hommes avec un sourire provoquant et elle enviait leur hardiesse. ”
“ Sa voisine de chambre était une corsetière qui menait joyeuse vie. Le matin, elles bavardaient dans le couloir. « Quoi, un gosse, s’écriait Fernande, ça peut se refaire. Amusez-vous donc en attendant. » Elle fit si bien qu’elle entraîna Renée au cinéma, au café, enfin au bal-musette. Renée se laissait emmener sans trop de résistance ; même, elle se fardait, mettait son corsage neuf et ses beaux souliers qui lui faisaient mal. Elle prenait modèle sur Fernande, employait ses économies à s’acheter des futilités. Mais jamais elle n’arriverait à être aussi élégante que son amie. ”
“ Lecouvreur s’échappait de la boutique pour lui donner des nouvelles. Il fallait qu’elles fussent bonnes, que l’ouvrage de Renée ne laissât pas à désirer. Rassurée, elle consentait alors à dormir quelques heures. Au bout d’une semaine, elle songeait déjà à reprendre son travail. Dans cette lutte contre le désordre, l’usure, la poussière, jamais elle ne se ménagerait. Ces soucis la poursuivaient jusque dans son lit. Elle aimait que Renée vînt lui parler de la maison, parce que les hommes, pour les détails de ménage, ça n’y comprend rien. Renée la mettait au courant. ”
“ Lecouvreur aime musarder dans le quartier, la cigarette au coin des lèvres. Une porte cochère sépare son hôtel de la « Chope des Singes », une brasserie dont il admire en passant les tables de bois verni et les fauteuils en rotin, puis il traverse la rue de la Grange-aux-Belles pour jeter un coup d’œil sur les livres alignés à la devanture de la « Librairie du Travail », des tas de bouquins, des brochures écarlates, au milieu desquels trône un portrait de Lénine. Lecouvreur ne fait point de politique. ”
“ Sans répondre, Renée lève vers lui un visage contracté ; elle est ivre d’effroi, de souffrance. Lecouvreur, perplexe, tourne la tête vers la porte. Pourquoi Louise ne vient-elle pas ? Elle arrive. « Faut la conduire à Saint-Louis, décide-t-elle. Aidez-moi... Bernard, vous allez donner un coup de main à mon mari. » On sort Renée de son lit. On l’habille. Mais le moindre mouvement aggrave les douleurs. « Un peu de courage, » dit Louise. Elle lui met son propre manteau sur les épaules. ”
“ Lecouvreur l’observait. Ce visage ravagé, ces yeux tristes et doux... Déjà le palefrin portait la main à sa poche. — C’est ma tournée, dit Lecouvreur. L’homme remercia d’un geste. Il finit son verre et sortit, après un mouvement machinal pour remonter son pantalon. Lecouvreur vint jusqu’à la porte et le regarda s’éloigner. Le palefrin suivait le quai de Jemmapes d’un pas traînant et balancé de trimardeur. Lecouvreur le perdit de vue, jeta un coup d’œil sur la pendule et commença, plus lentement que de coutume, à « rentrer sa terrasse ». ”
“ Que de petits verres à verser encore avant d’acquitter le dernier « billet de fonds ». Venait enfin le moment d’avertir les clients de l’heure tardive. Certains, endiablés avec leurs cartes et peu pressés de retrouver une chambre froide, se faisaient tirer l’oreille. Il fallait, en les ménageant, les pousser dehors. La clientèle s’en allait. Un brouillard bleuissait la salle qui semblait avoir été le théâtre d’une rixe ; des flaques brillaient sur les tables, les verres poissaient aux doigts. Lecouvreur ouvrait à deux battants la porte du café sur la pureté de la nuit. ”
“ Il n’a pas le temps. Une galopade ébranle l’escalier, on frappe à sa porte. « Patron, grimpez vite ! Renée accouche ! » Lecouvreur saute du lit. Tout de même, Renée aurait pu mieux choisir son heure. Là-haut c’est un remue-ménage, tout l’hôtel est déjà debout. « Ces imbéciles croient qu’il y a le feu, » grogne Lecouvreur en enfilant son pantalon. Les locataires ont envahi la chambre de Renée. Ils font le cercle, et sans un mot, sans un geste, ils regardent la femme en travail. Lecouvreur s’approche. Lui aussi il hésite. ”
“ Il se met sur son séant, bâille et se tâte peureusement. C’est l’instant plein d’aigreur où il lui faut oublier sa fatigue. Comment trouver le repos dans un sommeil dépourvu d’abandon et de confiance ? À guetter les bruits du soir jusqu’à l’aube, une torpeur appesantit les membres. Le front est lourd, l’échine endolorie. Lecouvreur se lève cependant. Il enfile ses vêtements raidis par le froid, puis il passe une serviette humide sur son visage fripé de sommeil. Il n’a pas fini d’attacher ses bretelles que déjà il prépare le café. ”
“ Je pense que Trimault va vous épouser ? Renée secoua la tête. Il s’agissait bien de mariage ! Pierre ne l’aimait plus. Et pourtant, que n’avait-elle pas imaginé pour le séduire ! Chaque soir, comme il était dégoûté du restaurant, elle lui faisait des chatteries. Une fine gueule, son Pierre ! D’autres fois, elle lui offrait du vin chaud avec du citron ou bien elle descendait dans la boutique acheter du rhum pour lui préparer un grog. Il aimait prendre une « bonne cuite » l’hiver, avant de se coucher. Elle l’avait rendu exigeant et difficile. La vie à deux use le cœur d’un homme. ”
“ Un matin, Louise suggéra : « Vous devriez voir un spécialiste ». « Les médecins, je les connais, déclara Ladevèze. Il eut un sourire désabusé. « Je croyais guérir à Paris... et oublier le reste. » Ses lèvres tremblaient. Soudain, une crise violente l’étouffa ; il fallut l’aider à se redresser, lui donner de la tisane. Quand ce fut fini, le moment des aveux était passé. Ladevèze intriguait les locataires. « Qu’est-ce qu’il est venu fabriquer à Paris, la patronne ? » Louise montrait le plafond : « Demandez-le-lui. Moi, j’ai jamais pu lui arracher un mot. » ”
“ À midi, Renée déjeuna à la table des Lecouvreur. Des clients s’en étonnèrent. — C’est votre bonne, madame la patronne ? Vous en avez de la chance, vous n’avez pas été loin pour la trouver. Renée écoutait ; le bonheur empourprait ses joues. Un sentiment d’orgueil, de sécurité, jusqu’alors inconnu, l’envahissait. Elle remonta travailler et la journée s’écoula vite. À 6 heures, elle gagna sa chambre. Elle mit sa belle robe, s’accouda à la fenêtre et attendit Trimault. ”
“ À Paris, on ne dansait pas comme chez elle ; les hommes vous écrasaient contre eux, vous frôlaient le visage de leurs lèvres qui murmuraient des compliments. « Vous êtes belle. On ferait des folies avec vous », lui soufflait Cisterino, un colonial en congé de convalescence. Il se penchait sur elle. Jeanne sentait encore l’haleine de son galant l’effleurer comme un baiser... ”
“ Puis d’une voix qu’il cherchait à rendre persuasive : « Faut pas croire que tous les hommes soient comme lui, Renée... » — Je ne dis pas ça, murmura-t-elle sans conviction. Le Mystère de la Tour Eiffel était terminé. Elle profita de l’entr’acte pour se mettre un peu de rouge sur les joues. Elle avait les yeux plus brillants que de coutume, et se regardait dans la glace avec plaisir. Quand elle releva la tête, elle vit que Bernard la contemplait. Elle eut à peine le temps de rougir ; la salle, de nouveau, était plongée dans les ténèbres. ”
“ « Et mon poste ? » demandait Jeanne de temps à autre. Elle songeait, un peu dépitée, à tout ce qu’elle aurait pu s’acheter avec 150 francs. Mais le soir venu, Couleau en avait « marre » de l’électricité ! Il lui payait une garniture de peignes, un flacon d’eau de Cologne et il était si amusant, si tendre qu’elle lui pardonnait sa paresse. D’ailleurs, ils se marieraient bientôt... Ce secret lui pesait. Elle le confia à la patronne avec une joie vaniteuse. ”
“ Louise s’interposait : — Ne le presse pas, toi ! On a tout son temps, pas vrai, père Deborger ? Il levait sur elle ses yeux ternis, et, la bouche pleine, bredouillait : — C’est pas à Nanterre qu’on mange comme ça... — Reprenez de la salade. — Là-bas, continuait-il, on est plus mal nourri que des soldats. Le vin c’est pas du vin, ni le tabac, ni rien... Il poussait un soupir. Ah ! si on m’avait dit autrefois : père Deborger, vous finirez vos jours dans un asile... Heureusement, on a des jours de sortie... ”
“ Elle l’engageait gentiment à sortir. « Faut pas toujours rester à votre fenêtre si vous voulez connaître la capitale. Allez aux Buttes-Chaumont avec Badour. » Mais Lucie, les bras ramenés sur la poitrine, ne bougeait pas de sa chaise. — Quand on débarque à Paris, continuait Louise, les premiers temps, on fatigue. Puis ça passe. Regardez, moi, je n’arrête jamais ! — Oh ! vous, vous êtes une vieille Parisienne... Un client arrivait. Lucie regagnait sa chambre. La journée passait vite ; quand Mimar rentrait, il n’avait qu’à s’attabler devant la soupe fumante et Lucie s’amusait de son appétit. ”
“ Les Lecouvreur dirent à l’unisson : — Sûr, qu’on voudrait pas une hôtel de passes... M. Goutay approuva : — Pour ces messieurs-dames, c’est comme pour nous. Notez qu’avec les femmes on travaille, mais qu’est-ce qu’on prend comme ennuis, pour un oui ou pour un non, la police fourrage dans vos papiers. Rien de ça ici ! Avec l’ouvrier, quelques jeunes filles et au troisième les ménages, sans gosses bien entendu, c’est une vraie famille... Ah ! j’oubliais, il y a aussi de vieux locataires qui finiront leurs jours dans l’hôtel. ”
“ Plus âgés, les camionneurs se passionnent pour la bouteille. Leur tenue est négligée, leur voix grasse ; presque tous deviennent brutaux. Ils nourrissent contre les chauffeurs une haine corporative, le perpétuel défi des trompes et des claksons les rend fous, et, s’il arrive qu’une auto les dépasse dans une montée, ils font payer cher cette défaite à leur malheureux attelage. Ils finissent par avoir des démêlés avec la police, démêlés dont ils ne se soucient guère car Latouche paie les contraventions. ”
“ Lecouvreur passait d’un groupe à un autre groupe, trinquait, cherchait à inspirer confiance à ses futurs clients et regardait autour de lui avec un plaisir attendri. Comme tout le monde était sympathique ! Dans la fumée qui assombrissait le café, il voyait se dérouler ses rêves d’avenir. Goutay jeta un coup d’œil sur la pendule. — Une heure, diable ! dit-il en cessant de danser. Pas le moment de se faire dresser une contravention. Va falloir fermer boutique. ”
“ Le lundi, Ramillon prenait son congé hebdomadaire. Suivi de sa femme, il courait les bistrots qui, ce jour-là, régalaient selon l’usage. On les voyait passer de la « Chope des Singes » au « Bon Coin », du café de la « Capitale » à l’Hôtel du Nord. Ils y échouaient, les vêtements en désordre, le visage congestionné et suant l’alcool. — Patron, regardez ma bourgeoise ! hurlait le merlan. Elle est saoule. — Je suis saoule ? ripostait la merlande. Vous m’avez déjà vue saoule, patron ? C’est ce cochon-là qui est saoul. Les Ramillon se battaient souvent. Le merlan avait toujours le dessus. ”
“ Allons par là, dit-elle à Renée, en l’entraînant dans l’arrière-boutique. — Vous comptez le nourrir ou bien le mettre en nourrice ? interrogea Louise. Il ne demande qu’à venir, ce bébé. Renée essuya une larme ; elle était trop lasse pour s’expliquer. — Oui, oui, faut le mettre en nourrice, continua Louise. Il sera mieux à la campagne qu’à Paris. Renée avait une confiance aveugle en sa patronne. Elle hocha la tête. Louise lui rendit son enfant. — Et vous, tâchez d’être sérieuse, hein ? Elle ajouta gentiment : « Pour aujourd’hui, ne vous occupez de rien. Montez vous reposer. » ”
“ C’est le nouveau locataire du 5, dit Louise à son mari... « Montez au premier, monsieur. Il y a une carte de visite sur la porte. » Elle baisse la tête et reprend une maille au chandail qu’elle tricote pour son époux. Lecouvreur est somnolent, quelques clients jouent aux cartes. Pour un samedi soir, la boutique est bien calme. « Les affaires ne marchent plus comme autrefois, » soupire Louise. Un bruit qui court dans le quartier avec persistance la rend soucieuse : des industriels auraient l’intention d’exproprier le pâté de maisons où ils habitent. ”
“ Les Ramillon habitaient un vieil immeuble, rue Bichat. Sans enfants ; leur fille était partie avec un imprimeur. Mais ils possédaient un chat, un vieux matou dont ils tiraient grande fierté. « Natole, expliquait Ramillon, en montrant son poing, il « les » a grosses comme ça ! » Louise riait. « D’honnêtes gens, se disait-elle, s’ils ne se saoulaient pas. » Elle était indulgente pour le merlan et la merlande qui lui avaient donné un chien de garde : Badour, un bâtard de fox-terrier. ”
“ Vous n’avez donc jamais été à la guerre, lui dit l’entrepreneur. Allez-vous en, ma petite dame, qu’on en finisse ». Il la chassait comme une intruse. Elle s’éloigna sans répondre. Louise dut s’habituer à son nouveau logement ; les chambres étaient petites, un peu tristes. Elle s’y installa sans entrain. « Sors ! au lieu de ruminer, » conseillait Lecouvreur. Lui, il faisait le rentier ; il allait souvent pêcher au canal et il rapportait des nouvelles du quai de Jemmapes. ”
“ Les réverbères s’allument, des amoureux s’étreignent dans le square, de vieilles femmes promènent leur chien. Les étoiles se reflètent dans l’eau sombre du canal ; l’air fraîchit, un coup de vent qui vient des boulevards extérieurs apporte le murmure de la ville. ”
“ Jamais un bruit. À dix heures, ici, tout le monde dort. Ce n’est pas une hôtel à femmes... Je dis pas ça pour vous. Si vous aviez quelqu’un d’attitré... Ladevèze eut un geste évasif. Lecouvreur s’en alla. « Un homme bien, » dit-il à Louise, qui hocha la tête. ... Le lendemain matin, quand Ladevèze descendit, Louise examina son nouveau locataire : un fantôme, une grande perche, squelettique et dégingandé, avec un visage hâve et des yeux fiévreux... ”
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