Eugène Dabit

Eugène Dabit

Résumé

Portrait de Eugène Dabit Eugène Dabit L’Hôtel du Nord

Ils s’avancent de front sur cet asphalte qui est leur sol natal. De front, unis, et le monde s’ouvre devant leurs espérances. Leurs yeux luisent. Qu’il fait bon vivre un soir comme celui-ci, à l’heure où s’allument les réverbères, les rampes électriques et les enseignes et les devantures chatoyantes. Tout est oublié des anciennes rigueurs... Louise s’imagine déjà devant les soldes de « La Maison Dorée », les doigts pris dans les flots d’étoffe. Elle s’arrête, les battements de son cœur la bouleversent. Lecouvreur, lui, voudrait confier sa joie à tous.
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Portrait de Eugène Dabit Eugène Dabit L’Hôtel du Nord

Des numéros dansaient dans sa tête, elle était encore toute surprise de la variété des chambres qu’elle avait visitées. Elle trouvait sa besogne plus douce que celle de la ferme. Là-bas, lorsque le soir venait, elle n’avait rien à espérer, qu’un silence engourdissant, et il lui eût fallu parcourir plusieurs kilomètres pour aller à un bal. Au contraire, quai de Jemmapes, les réverbères s’allumaient et mêlaient leur éclat à celui des devantures ; des hommes rentraient du travail en fredonnant ; on entendait crier, en bas, dans la boutique.
Une fièvre brûlait Renée.
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Portrait de Eugène Dabit Eugène Dabit L’Hôtel du Nord

Le vieux Charles venait de la campagne. Il aimait ce métier de camionneur, ces écuries, ce fumier dans la cour, qui lui rappelaient les fermes de la Beauce. Il avait son idée : faire chasser le palefrin et s’emparer de sa place. Aussi tournait-il autour du gros Latouche comme un moustique. Il le flattait et grimaçait pour lui sourire ; jamais il ne buvait un verre chez Lecouvreur sans l’inviter. Idée fixe, désir de maniaque dans sa cervelle détraquée. Un beau jour, il arriva à ses fins : Latouche renvoya le palefrin.
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