Résumé

Georges Vidal Étude sur les moyens organisés par la loi et la jurisprudence pour protéger les fiancés contre leurs fraudes réciproques… (1884)

Si, en effet, nous appliquons logiquement et à la rigueur les principes juridiques, il faut dire : le contrat de mariage, exprès ou tacite, annulé, est réputé n'avoir jamais existé, les parties sont censées n'avoir adopté aucun régime matrimonial : c'est alors la loi qui le choisit pour elles et désigne précisément celui qui vient d'être annulé pour dol, la communauté légale. Conclusion : l'action en nullité pour dol n'aboutit à aucun résultat utile, ne modifie en rien la condition respective des époux : elle est donc frustratoire, partant non recevable.
Source : Gallica

Georges Vidal Étude sur les moyens organisés par la loi et la jurisprudence pour protéger les fiancés contre leurs fraudes réciproques… (1884)

Mais les caractères que le Code civil a donnés à la séparation de biens nous paraissent empêcher la substitution de ce régime au contrat de mariage annulé. Loin d'être d'après la loi un régime normal et naturel, il est essentiellement exceptionnel : il suppose une telle défiance à l'égard du mari et jette un tel discrédit sur l'harmonie du ménage, que la loi veut une intention bien manifestée des époux pour son adoption, et que lorsqu'elle le crée sans convention, elle ne le crée qu'à regret, après une foule de précautions et en faveur de la femme seulement.
Source : Gallica

Georges Vidal Étude sur les moyens organisés par la loi et la jurisprudence pour protéger les fiancés contre leurs fraudes réciproques… (1884)

Sauf ce cas exceptionnel de mauvaise foi, le Code civil a, pour protéger la dot et mettre le futur mari à l'abri des fraudes de sa fiancée, fait rétroagir au jour de la signature du contrat de mariage l'inaliénabilité des biens dotaux, au point de vue des dettes qui peuvent les grever, de sorte que le régime dotal adopté produit à ce point de vue ses effets avant le mariage. Faut-il généraliser cette rétroactivité et faire d'une manière générale et absolue commencer l'inaliénabilité dotale avant le mariage, au jour même de l'adoption des conventions matrimoniales?
Source : Gallica

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