Gustave Derennes

Résumé

Gustave Derennes Les coeurs héroïques (1887)

L'auberge de Fleurigné est à deux petites lieues de Fougères, sur la route d'Ernée, par la Pèlerine et Mégaudais. Elle est bâtie dans un endroit désert; à droite et à gauche, tout à l'entour des bois, des landes, des champs de genêts et d'ajoncs.
La nuit vint brusquement, vers cinq heures, une vraie nuit d'hiver en Bretagne avec de pâles rayons de lune à travers des brouillards épais. Un vent froid sifflait dans les branches dépouillées des chênes. Au loin, dans les guérets noirs, des compagnies de perdreaux jetaient des cris de rappel de plus en plus rares. Jean Sennerède marchait hardiment.
Source : Gallica

Gustave Derennes Les coeurs héroïques (1887)

On disait qu'ils massacraient tout, jeunes et vieux. C'étaient des « tigres altérés de sang », lui avait dit M. le Curé, un dimanche, après la messe. Elle savait déjà qu'on s'était battu l'avant-veille au Mans. Des colporteurs, qui venaient d'Ernée, l'avaient annoncé. Ils ajoutaient que la bataille était perdue, que les Prussiens étaient à Conlie et qu'ils marchaient sur Laval où l'on avait miné le viaduc et les ponts. Heureusement que tout cela allait finir : la Vierge était apparue à Pontmain, à quatre lieues de Saint-Pierre, promettant que son fils aurait pitié de la France.
Source : Gallica

Gustave Derennes Les coeurs héroïques (1887)

Il se rappelait la prise de Lang-son et cette marche furieuse en avant dans des sentiers abrupts que les Chinois jonchaient de leurs cadavres.
Un jour, lui-même avait été blessé : une balle dans l'épaule. La cicatrice le faisait encore souffrir aux changements de temps. On l'avait porté à l'ambulance, puis, d'étape en étape, il avait regagné Hanoï avec bien des camarades, frappés comme lui, tombés sur le champ de bataille, ou malades de fatigue, d'épuisement.
La dyssenterie décimait les uns, d'autres avaient le choléra.
Source : Gallica

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