Gustave Derennes, Les coeurs héroïques (1887)
“ L'auberge de Fleurigné est à deux petites lieues de Fougères, sur la route d'Ernée, par la Pèlerine et Mégaudais. Elle est bâtie dans un endroit désert; à droite et à gauche, tout à l'entour des bois, des landes, des champs de genêts et d'ajoncs. La nuit vint brusquement, vers cinq heures, une vraie nuit d'hiver en Bretagne avec de pâles rayons de lune à travers des brouillards épais. Un vent froid sifflait dans les branches dépouillées des chênes. Au loin, dans les guérets noirs, des compagnies de perdreaux jetaient des cris de rappel de plus en plus rares. Jean Sennerède marchait hardiment. ”
