Gustave d’Alaux

Résumé

Gustave d’Alaux Revue des Deux Mondes

Un seul, la liberté de conscience, mot parfaitement vide dans un pays exclusivement catholique. L’Espagne ne peut guère s’éprendre d’un bien dont elle ne trouverait l’emploi. Où la foi suffit, qu’importe la liberté ?
Le triple mot d’ordre de notre première révolution ne peut donc pas réveiller en Espagne le moindre écho dans les masses. L’autel est ici hors de cause. Le trône et l’aristocratie y représentent bien moins la résistance que le mouvement. Le peuple, enfin, s’y rattache par ses mœurs à l’aristocratie, par son intérêt au trône, par ses regrets et ses croyances au clergé.
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L’Angleterre et les États-Unis, c’est sans doute la force, la sécurité, la richesse, le progrès matériel ; mais le protectorat anglais, c’est le protestantisme ; mais le protectorat américain, c’est, avec l’invasion du protestantisme, la tyrannie de cet inexorable préjugé de couleur qui ne pardonne ni à l’ame ni au corps, ni au chrétien ni au citoyen, ni au talent ni à la fortune, ni à la tombe ni au berceau.
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Ce qu’on ne se lasse pas d’admirer, c’est l’aspect tout à la fois vaste et recueilli du paysage environnant. Pas un bruit, pas une ombre, pas une image lointaine d’en bas n’en troublent l’immobile sérénité. Au nord et au couchant, une vaste ceinture de pins voile l’amphithéâtre des Pyrénées. Au levant et au sud, le plateau perd ses vagues cons tours dans les profondeurs du ciel, et reproduit à l’œil l’horizon infini de la pleine mer ; la terre semble avoir disparu pour qui la cherche en dehors du cloître où on est venu l’oublier.
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