Jean-Baptiste Boyer d’Argens,
Thérèse philosophe
(1748)
“ Je sautai au cou de Bois-Laurier, que je remerciai de tout mon cœur, et j’avoue de bonne foi que le ton d’assurance avec lequel elle me parlait me persuada que ma fortune était certaine. Qu’une fille sans expérience, avec beaucoup d’amour-propre, est sotte ! Les leçons de M. l’abbé T... m’avaient bien dessillé les yeux sur le rôle que nous devons jouer ici-bas, eu égard à Dieu et aux lois des hommes ; mais je n’avais aucune connaissance de l’usage du monde. Tout ce que je voyais, ce qu’on me disait me paraissait rempli de la probité que j’avais trouvée dans Mme C... ”
