Résumé

Portrait de Hippolyte Babou Hippolyte Babou Les prisonniers du deux décembre… (1876)

Quant à nous, captifs, rongeons nos poings. Jusqu'à nouvel ordre, nous restons enfouis. Provisoirement, les casemates sont des oubliettes.
— Il y a du nouveau dans Landerneau, me dit gaiement Théodore Lux en me relevant le menton par un petit geste d'amitié. Casemateville a eu sa révolution. Pendant que vous ronfliez, le nez dans la paille, en rêvant peutêtre aux spectres du fort William, des querelles formidables ont troublé la paix de notre république. On s'est insulté comme dans une épopée, on s'est battu comme dans une noce.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Babou Hippolyte Babou Les prisonniers du deux décembre… (1876)

Au collége, pour ne pas être martyr, il m'a fallu apprivoiser des écoliers ; en garnison, j'ai civilisé des soldats du département des Landes : me sera-t-il plus difficile de vivre avec des prisonniers? Oui, car dans tout captif s'agite une bête sauvage. Dépouillé de sa liberté, l'homme le plus intelligent, ne fût-ce que par un besoin de vengeance légitime, se sent ramené vers la barbarie. Autant de détenus, autant de sauvages frémissants, autant d'hommes-loups tombés ensemble dans le piége, enragés, hérissés, se montrant les dents.
Source : Gallica

Portrait de Hippolyte Babou Hippolyte Babou Les prisonniers du deux décembre… (1876)

Non, je ne plaisante pas du tout, me dit très-sérieusement Vasbenter, comme s'il avait lu dans ma pensée. Nous avons été fort gais, aujourd'hui, mais cette gaieté française tombera, et dès lors, vous ne nierez plus l'existence de ma ménagerie; car vous entendrez, partout des cris d'animaux. Le chien aboiera, le renard glapira, le mouton bêlera, le loup hurlera, le singe et le serpent siffleront, c'est-à-dire que l'homme instinctif et bestial, dans l'étroite cage où il est enfermé, va se montrer soudainement dans toute la sincérité de la vie primitive, autant dire sauvage.
Source : Gallica

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