Résumé

Jacques Bonneau Les Législations françaises sur les tabacs sous l'ancien Régime (1910)

D'aucuns disaient que la prohibition de la culture, conséquence obligée du monopole, stérilisait pour recueillir, créait un impôt, non pas sur un revenu, mais sur la suppression d'un revenu. D'autres la déclaraient heureuse, car cette culture épuisait le sol et en détruisait la fertilité. Son interdiction permettait de consacrer plus de terres à la récolte des grains, fait important en un siècle de famine périodique. « La France doit être soigneuse de ne pas favoriser chez elle des cultures dont le produit ne sert ni à nourrir, ni à vêtir. »
Source : Gallica

Jacques Bonneau Les Législations françaises sur les tabacs sous l'ancien Régime (1910)

Fait remarquable: l'égalité fiscale, à l'encontre des habitudes de l'époque, se rencontre dans le monopole. Il n'y a d'autres exceptions que celles consenties dans l'intérêt même de la ferme. C'est pour la protéger que l'on établit les deux seuls privilèges qu'elle connut jamais : baisse de prix pour les troupes et pour les habitants des pays frontières.
Quand les habitants usent trop de tabac de fraude, les fermiers s'adressent au contrôleur général qui charge le plus souvent l'intendant de prendre des mesures.
Source : Gallica

Jacques Bonneau Les Législations françaises sur les tabacs sous l'ancien Régime (1910)

Cette première forme du monopole parut aux contemporains tout à fait imparfaite. Superposer à des cultures disséminées sur tout le territoire un commerce exclusif, contraindre les laboureurs à payer un prix élevé une plante qui croissait sur leurs terres, c'était placer tous les producteurs entre le respect de la loi et leur intérêt, c'était s'obliger à une surveillance étroite et universelle, c'était provoquer la fraude.
Source : Gallica

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