Résumé

Portrait de Louis Reybaud Louis Reybaud Les derniers Fermiers-généraux

Dans les milliers de têtes qu’abattit alors le couperet révolutionnaire, chaque classe privilégiée a eu son lot et n’a point franchi sans honneur ce pas terrible : ainsi en est-il de la noblesse, de l’armée, du clergé, du barreau, de la magistrature ; on a recueilli en face de la mort, du sein de cette élite, des actes et des mots empreints d’une grandeur antique. Dans un ordre plus modeste, la finance n’a pas montré moins de dignité et a détaché de ses rangs, même en ces jours de démence, des noms qui malgré tout resteront immortels, comme celui de Lavoisier.
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Pour rendre le terrain libre, il s’attaquait à la seule rivalité à craindre, celle des traitans, et ouvrait la première campagne de la banque contre la finance, c’est-à-dire de l’emprunt contre l’impôt. Necker, comme banquier, n’est pas tendre pour ceux qui ne le sont pas ; il les qualifie, dans son Compte-Rendu, de « gens à argent qui guettent continuellement le trésor royal et sa situation, et qui ne tardent pas à dicter des lois quand l’administration se néglige et n’a plus d’ordre ni de prévoyance. Les financiers, ajoutait-il, sont trop multipliés, et leurs bénéfices sont trop grands. »
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Pour indemniser ces bons serviteurs, on leur livrait, il est vrai, le peuple à rançonner ; mais la noblesse et le clergé échappaient à l’impôt, à quoi bon dès lors s’inquiéter du peuple ? C’était l’affaire des commis de gabelles, et ils s’arrangeraient bien toujours ; il était de règle que le roi n’y perdrait rien, et à coup sûr les fermiers non plus. Malgré tout, le but que se proposaient Louis XIV et Colbert était atteint.
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