Jean Rosmer

Résumé

Jean Rosmer La prison de l'Aigle (1938)

L'empereur courba le front.
Grâce l'entendit murmurer :
« Cet homme, ici!... Ils l'ont choisi, lui!... Ils connaissent sa haine envers moi. »
Il soupira longuement, leva les yeux au ciel, et d'un ton résigné il ajouta :
« Je puis adresser un éternel adieu à ma belle France. Cette île sera mon tombeau. »
Lady Harlington fit un pas en avant. Emportée par la pitié, elle cria :
« Ne désespérez pas, sire ; il vous reste des amis là-bas. Ils ne vous abandonnent pas. Et puis, sir Hudson Lowe n'est peut-être pas aussi terrible ! »
Un triste sourire étira les lèvres du captif.
Source : Gallica

Jean Rosmer La prison de l'Aigle (1938)

Depuis un mois, l'empereur Napoléon est mort à Longwood sans avoir profité du plan d'évasion élaboré par ses fidèles et remis entre ses mains par lady Harlington, pairesse des Highlands.
Dans le cœur des héroïques survivants de la Grande Armée, une douleur intense règne. Jamais ces vaillants soldats de l'épopée bonapartiste n'oublieront la gloire de leur maître au matin d'Austerlitz, au soir d'Iéna. Mais s'ils sont désespérés de le savoir retourné à la terre, ils éprouvent une joie profonde à la pensée de le sentir enfin libéré des griffes d'acier du terrible Hudson Lowe.
Source : Gallica

Jean Rosmer La prison de l'Aigle (1938)

Lorsque l'empereur lui faisait part de l'antipathie éprouvée pour cet homme aux yeux étincelants, elle avait été sur le point de lui confier ses doutes. La pensée de trahir son pays en se faisant la complice de cet étranger l'en avait empêchée.
Maintenant elle déplorait son silence.
Napoléon aurait été si content d'apprendre que son peuple ne l'avait pas oublié ! Grâce se trouvait sotte de s'être tue. Un homme tout seul ne pouvait rien par lui-même. Il ne devait pas nourrir l'illusion de parvenir jusqu'au prisonnier.
Source : Gallica

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