Résumé

L'Algérie et la lettre de l'empereur (1863)

Oui, les moeurs, quand elles sont bonnes, voilà le secret, voilà la panacée. Modifiez les moeurs, éclairez les intelligences, et l'état physique de l'Algérie changera d'aspect. Tant vaut l'esprit d'un peuple, tant vaut le travail de ses mains. Donnez la propriété individuelle d'une terre à un sauvage de l'Australie, il la laissera inculte; apprenez-lui le parti qu'il en peut tirer, instruisez-le, aussitôt il fécondera son champ. En Europe, les populations les plus civilisées sont celles qui emploient les procédés les plus perfectionnés de culture.
Source : Gallica

L'Algérie et la lettre de l'empereur (1863)

Ce vieux droit de propriété, sur lequel repose l'existence de toutes les sociétés, est un embarras; il faut le détruire. Une capitulation qui lie le vainqueur, le droit des gens qui défend de dépouiller les vaincus qui se sont soumis, les lois civiles qui reposent sur les principes de la non-rétroactivité, ce sont pour ces messieurs des préjugés. On peut encore en tenir compte en France, où il y aurait danger à faire autrement; mais en Algérie, dans un pays nouveau, à quoi bon ces vieilles maximes? Il n'y a qu'à s'emparer de toutes les terres et à les donner ensuite à qui bon semblera.
Source : Gallica

L'Algérie et la lettre de l'empereur (1863)

Chez nous, l'expropriation pour cause d'utilité publique, qu'estelle, au fond, si ce n'est la reprise, par le souverain, d'un droit dominé par les exigences générales, et cette reprise, qui enlève à la propriété son caractère absolu, ne lui donnet-elle pas les allures d'une simple jouissance qui peut cesser dès que l'État le juge à propos? Pourquoi donc ne pas admettre, dans une société différente, des formes de propriété qui, pour n'être pas identiques aux nôtres, n'en sont pas moins très-sérieuses et très-respectables?
Source : Gallica

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