Lucien Vigneron

Résumé

Lucien Vigneron Portraits jaunes

En Corée une foule de gens de la bourgeoisie se donnent le ton et les airs de la noblesse et passent pour nobles ; le missionnaire, en s’efforçant de suivre les règles de la gravité dans son extérieur et sa démarche, pouvait passer pour un noble. Cela était pour lui d’une importance considérable, car la noblesse, en Corée, jouit d’un grand ascendant, et il pouvait de la sorte se mettre à l’abri des questions importunes des passants, la plupart gens du commun, qui n’oseraient jamais s’adresser à un noble comme à un de leurs pareils et gardent même en sa présence une grande retenue.
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Lucien Vigneron Portraits jaunes

Par sa langue écrite, par ses caractères, par ses livres, le Chinois règne incontestablement sur l’Extrême-Orient, c’est-à-dire sur la plus grande partie de l’Asie, comme aussi son type s’y retrouve partout.
Et si l’histoire des autres peuples est ancienne, si elle est pleine de faits, l’histoire de la Chine se perd dans la nuit des temps et touche aux époques patriarcales et au déluge. Oui, la Chine est la nation mère, caput et mater.
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Lucien Vigneron Portraits jaunes (1896)

De sorte que l'étranger, le missionnaire, qui à première vue a haussé les épaules et souri, saisi qu'il était par certains côtés enfantins et tels procédés primitifs, qu'il n'est guère accoutumé à voir dans son pays natal, se sent pris d'un puissant intérêt mélangé d'un involontaire respect pour, ce qu'il voit : l'effort de tout un peuple, le travail universel ; et il se dit encore que ce peuple serait le premier du monde s'il était bien dirigé, et même qu'il deviendrait alors gênant, alarmant, redoutable.
C'est qu'en vérité il est mal dirigé.
Source : Gallica

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