Marcelle Tinayre

Marcelle Tinayre

Résumé

Portrait de Marcelle Tinayre Marcelle Tinayre La Chanson du biniou

Il chantait la maison qui apparaît au bout de la route, comme un nid dans les rameaux, et la femme, la bien-aimée du paysan, forte, fidèle et douce, qui attend au seuil, anxieuse, blanche colombe du doux nid.
Yann avancait et derrière lui le radieux occident s’embrasait de lueurs de triomphe. Il marchait, rythmant son pas sur sa musique, svelte, jeune, charmant dans sa veste courte, le vent soulevant ses longs cheveux qui rayonnaient comme une flamme. Il était beau, de la beauté mâle et saine de sa race que de longues générations d’époux fidèles lèguent à leurs fils.
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Portrait de Marcelle Tinayre Marcelle Tinayre La Chanson du biniou

Oh ! si elle avait pu s’arracher de la poitrine le cœur qui avait contenu un tel amour !... Cette idée de son amour perdu, de son rêve fini, souillé, traîné dans la honte de cette ridicule et triste méprise, la frappa plus douloureusement que l’humiliation. Et elle se mit à gémir, sanglotant parfois tout haut, la tête dans ses mains, avec des lambeaux de prière, saisie d’une détresse affreuse, épouvantable, dans la noire solitude de cette nuit.
Autour d’elle, les menhirs s’alignaient, tels qu’elle les avait vus, au jour, avec Robert.
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Portrait de Marcelle Tinayre Marcelle Tinayre La Chanson du biniou

Et devant ce ciel morne et bas qui pèse sur la plaine aride où de pauvres toits de chaume ondulent comme un lointain troupeau de moutons roux, où les dolmens et les menhirs, isolés au bord des routes, se confondent presque avec les gris monotones du sol et de l’horizon, devant l’impénétrable brouillard qui éteint tous les reflets, atténue toutes les couleurs, estompe toutes les lignes du paysage, on se sent envahir par une surprise désenchantée, une sorte de malaise, comme si la mélancolie des brumes de ce pays entrait peu à peu dans l’âme.
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