Résumé

Marius Girard Lis Aupiho, poésies et légendes provençales… (1877)

Et bientôt une voix pure, douce et forte, s'élève : elle récite des vers en langue provençale, dont le rhythme est comme une musique. Et la foule applaudit, et chaque vers retentit dans l'âme de chacun, et l'on sent comme un courant ému et sympathique qui va de celui qui parle à ceux qui écoutent, et de ceux qui écoutent à celui qui parle. Celui-là, c'est le grand poète de la Provence, c'est celui que tout le monde admire, que tout le monde aime, c'est le jeune homme de Maillane : c'est Frédéric Mistral, qui déclame son Ode aux Catalans
Source : Gallica

Marius Girard Lis Aupiho, poésies et légendes provençales… (1877)

Lou grihet brun subre sa mouto,
LES ALPILLES. 255
Dites lui bien que moi, sa soeur, s'il ne vient tôt, je mourrai : mon coeur est ulcéré, les noirs pressentiments m'ont pâlie. O mes rêves ! vers lui que j'aime, allez-vous en à grands essaims. Mais à quoi bon ainsi m'enflammer ! ton amour, ô jeune homme, peut être s'est-il évanoui.
Mais le bon Dieu à la fillette enivrée et tressaillante, le bon Dieu, de sa croix, a dit : Ecoute-moi, petite fleur non encore épanouie que l'amour a séduite, lorsque du ciel (ici bas) je t'ai envoyée, tu étais belle, c'est ainsi que la terre vous met.
Source : Gallica

Marius Girard Lis Aupiho, poésies et légendes provençales… (1877)

LES ALPILLES 425
de la Chèvre d'or passez, dès que vous verrez le feu follet danser sur les bords du fleuve !
« La mort au fond du gouffre, aïe ! me tire !... Adieu, Margaï, nous n'irons plus nous asseoir gais sur la verte ivraie !... » Comme un brochet dans la banne, il saute, bondit avec vigueur... puis il tâte la paroi froide... et dans le gouffre, là-bas, tombe et se perd.
Si vous avez peur de la noire mort, loin du trou de la Chèvre d'or passez, dès que vous verrez le feu follet danser sur les bords du fleuve !
Source : Gallica

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