Pierre Véron

Résumé

Pierre Véron La Foire aux grotesques (1866)

A moi, le blanc et le rouge ! A moi, les teintures indiennes, les parfumeries cosmopolites! Et d'ailleurs, — ce sont les romances qui l'affirment, — le coeur ne vieillit jamais. Bonnes romances ! Excellents parfumeurs ! On connaît votre langage doré. C'est dans l'ordre au surplus, et voilà pourquoi la jeunesse à son mercredi des Cendres.
Il faut bien qu'on la voie passer avec son déguisement d'hier; Pierrot aussi avait gardé son costume, et les badauds le raillaient ce matin. Ceux qui se lèvent sont sans pitié pour ceux qui se couchent ; c'est l'histoire de tous les crépuscules.
Source : Gallica

Pierre Véron La Foire aux grotesques (1866)

Aveugle ce vaniteux qui prend argent comptant les compliments du monde. Aveugle cet imbécile qui court à la fortune et ne voit pas que les grilles de la Bourse sont des garde-fous. Aveugle ce brave homme que ses amis pillent et décrient. Aveugles à droite, aveugles à gauche, et, aveuglement pour aveuglement, je préfère encore le mien. Voilà pourquoi, monsieur, je vous disais tout à l'heure que vous ne m'aviez point offensé. Excusez-moi, onze heures viennent de sonner, mon domestique doit m'attendre. S'il vous plaisait de reprendre la conversation, voici ma carte.
Source : Gallica

Pierre Véron La Foire aux grotesques (1866)

Vous l'essayez du moins, mais pour vous les rappeler, les mercredis des Cendres sont là, inexorables, et se succédant sans relâche dès que le premier a donné le signal.
Le premier, — ah! vous n'y songez qu'avec un serrement de coeur ! — c'est
Le mercredi des Cendres de la jeunesse.
Quoi qu'aient fait les esprits forts pour supprimer la jeunesse du dictionnaire contemporain, tout le monde a eu vingt ans une fois dans son existence. Tout le monde aussi cesse, hélas ! de les avoir. Vous avez beau dire, les rides montent à l'étiage de votre front
Source : Gallica

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