Résumé

Th. de Wyzewa Les Peintres primitifs de l’Allemagne

L’état d’esprit des artistes allemands au début du XVIe siècle se résume admirablement dans le maître Dürer [10] . Jamais il n’y eut une plus belle âme d’artiste. Dürer a eu, comme Léonard, une curiosité universelle, toute la science et toute l’habileté techniques : il a eu, en outre, un sentiment très puissant, une préoccupation de l’étrangeté morale qui donne à ses gravures un charme tout particulier. Et pourtant son œuvre de peintre dénote une inquiétude constante, un douloureux tâtonnement, un vain effort à réaliser d’une façon définitive l’union rêvée de l’émotion et de la beauté.
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Th. de Wyzewa Les Peintres primitifs de l’Allemagne

L’Allemagne tout entière eut jadis une histoire pareille : c’est par un miracle d’amour qu’elle devint peintre et le resta trois cents ans.
Jamais une race n’avait eu à un aussi faible degré les qualités que requiert la peinture. Au XIVe siècle, pas plus qu’aujourd’hui, les Allemands ne savaient voir les choses d’une façon colorée ou précise. Le monde extérieur n’était pas à leurs yeux, comme aux yeux des Flamands, un ensemble de lignes et de couleurs très réelles, constantes nuancées minutieusement ; ni, comme aux yeux des Italiens une vivante harmonie de formes.
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Th. de Wyzewa Les Peintres primitifs de l’Allemagne

Ces vierges, nous les sentons des personnages de rêve, à jamais calmes et gais, tout ensemble bons comme des mères et jolis comme des fées. Même expression de douce gaîté dans les traits de l’Enfant ; les vieillards ont un sourire d’une sérénité divine. Et lorsque le peintre, — ce qui lui arrive rarement, — essaie de peindre une scène douloureuse, il ne peut s’empêcher de donner encore au Christ, à la vierge, aux saints, une sérénité recueillie : il anime d’expressions tendres les visages mêmes des bourreaux.
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