Édouard Bergounioux

Résumé

Édouard Bergounioux Une visite à la Trappe (1849)

Mais, me dis-je, ai-je lu le secret de tous les cœurs sur
le visage des trois ou quatre religieux que les devoirs de l'hospitalité ont mis en rapport avec moi? Parmi ceux dont je n'entendrai pas la voix, qui ne me jetteront pas même un seul regard, trouverais-je cette résignation et cette mansué tude qui ressemblent si bien au bonheur? D'ailleurs l'hôtelier, le prieur, le sous-prieur, le cellerier, par les nécessités mêmes de leurs positions, sont relevés de l'obligation la plus dure peut-être de la règle : le silence.
Source : Gallica

Édouard Bergounioux Une visite à la Trappe (1849)

Voilà ce qui me fut dit avec une sincérité contre laquelle je n'élève aucun doute, et voilà ce qui constitue essentiellement le trappiste.
Mais ce qui ressort surtout à mes yeux de la révocabilité des fonctions, dont une seule, celle de l'abbé, reste inamovible, c'est la force et l'autorité de ce chef suprême. Chacun peut, chaque jour, aspirer à la seconde place; il n'est pas rare que, du dernier rang, le portier d'aujourd'hui, par exemple, soit demain appelé avec le titre de
prieur à commander souverainement en l'absence de l'abbé.
Source : Gallica

Édouard Bergounioux Une visite à la Trappe (1849)

En écoutant ce jeune frère, qui me parlait avec ce sang-froid de son anéantissement humain, en le trouvant si calme, en voyant sa figure si sereine après ce sacrifice accompli, soumis sans doute à l'influence d'une belle soirée d'été, qui a aussi tout son charme à la Trappe, je me demandais s'il y avait une grande sincérité dans cette sentence écrite sur tous les murs : Il est dur de vivre ici, mais il est doux d'y mourir, et s'il n'était pas, au moins pendant la belle saison, aussi facile d'y couler ses jours que de les voir finir.
Source : Gallica

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