Amélie Gex,
Vieilles gens et vieilles choses
(1885)
“ La maison se vida en peu d’instants. Bien des femmes en sortant tenaient leur tablier sur leurs yeux, bien des hommes avaient la manche de leur habit mouillée. C’était affreux en effet d’entendre crier Lallò : sa voix d’ordinaire vibrante et claire avait des sons sourds et détonnants, comme ceux d’une cloche fêlée. N’osant point m’avancer davantage, je m’étais mise, après le départ de la foule, dans un coin obscur où se trouvaient deux des petits frères ; ceux-là pleuraient franchement. Fanny, assise sur un banc, la tête appuyée sur le pétrin, demeurait silencieuse et immobile. ”
