“ Yayâti répondit : « Ces cinq chars faits d’or vous porteront dans les cieux : les hommes de bien resplendissent, flamboyants comme la flamme du feu. » 3675-3676. « Monte dans ces chars, sire, lui dit Ashtaka, et lance-toi dans les cieux ; nous te suivrons, nous ! quand il en sera temps. » 3677. « C’est avec nous tous maintenant, qu’ils doivent rouler de compagnie, répondit Yayâti : vos mérites ont conquis le Swarga ; et voici que se montre à nos yeux la route inconnue aux maladies, qui mène aux palais des Dieux. » ”
Yayati
Définition et enjeux
Citations sur “Yayati”
“ Tu as le costume et la beauté d’un roi ; la parole, qui sort de ta bouche, est celle d’un brahme. Quel est ton nom ? D’où viens-tu ? De qui es-tu fils ? Dis-moi cela. » « Les Védas, répondit Yayâti, ont passé tout entiers par la route de mes oreilles dans la condition de novice ; je suis un roi, fils de roi, et l’on m’appelle Yayâti. » 3371-3372. « Pour quelle raison es-tu venu dans ces lieux, roi des hommes ? reprit Dévayânî. Est-ce afin d’y recueillir des lotus ? Est-ce afin d’y prendre des gazelles ? » ”
“ « Que les castes, celle des brahmes à leur tête, répondit Yayâti, écoutent mes paroles. Ce n’est pas au droit d’aînesse que le royaume appartient ici en aucune manière. » Yadou, mon fils aîné, n’a point obéi à mon ordre. L’enfant, qui est hostile à son père, n’est pas un fils, suivant l’opinion des gens de bien. ”
“ « Après que Poûrou eut pris ta vieillesse et que, revêtu de tes formes, il marchait sur la terre, monarque de cet empire, que tu lui avais donné, raconte-moi, sire, avec franchise ce que tu dis alors. » 3554. « Je lui dis ces mots, répondit Yayâti : « Toute la contrée, qui s’étend de l’Yamounâ au Gange, est à toi. Le milieu de la terre est ton royaume ; tes frères ne sont rois qu’à ses extrémités. 3555. » L’homme exempt de colère est plus distingué que l’homme irascible, le patient que l’emporté ; les hommes sont les chefs des brutes et le savant a la prééminence sur l’ignorant. ”
“ Yati devint un anachorète, qu’une profonde méditation identifia avec l’Être absolu. Yayâti, deuxième fils de Nahousha, fut un monarque suzerain, dévoué à la vérité jusqu’à l’héroïsme. 3154-3155. Il gouverna entièrement la terre, il offrit beaucoup de sacrifices, et, toujours soumis aux puissances du ciel, il honora avec une haute dévotion les Dieux et les Mânes. Invincible aux ennemis, sa faveur embrassait toutes les créatures. Les fils d’Yayâti furent des guerriers doués de toutes les qualités. 3166-3157. Ils avaient pour mères, puissant roi, Dévayânî et Çarmishthâ. ”
“ Nul autre que toi dans le monde ne peut faire ce que tu as fait ! Es-tu kshatrya ? es-tu un brahme ? » 3683. Yayâti répondit : « Je suis Yayâti, fils de Nahousha et père de Poûrou ; je fus sur la terre un monarque universel, et maintenant j’explique aux miens, en présence de vos majestés, moi, votre aïeul maternel, le secret des choses. 3684. » J’ai conquis toute cette terre ; j’ai donné aux brahmes ce qui la couvre, plusieurs centaines de chevaux, tous de belles formes et propres au sacrifice : ainsi, les Dieux ont eu leur part dans ma piété. ”
“ Qu’il habite dans la forêt et qu’il ait le village derrière lui, répondit Yayâti ; ou qu’il habite dans le village avec le bois par derrière : ce n’en sera pas moins, souverain des hommes, un anachorète. ”
“ Que ta majesté honore donc ceux, qui méritent son respect ; qu’elle donne toujours et ne demande jamais. » 3563. Indra lui dit : « Après que tu eus accompli toutes les cérémonies initiatoires et quitté les douceurs de ton palais, tu es venu habiter la forêt. Je t’adresse maintenant cette question, fils de Nahousha : par quelle pénitence as-tu mérité d’être, Yayâti, notre égal ? » 3564. « Vâsava, répondit Yayâti, je ne vois personne, qui soit mon égal par la pénitence, ni parmi les hommes et les Gandharvas, ni parmi les maharshis et les Dieux mêmes. » ”
“ Après qu’il eut goûté long-temps la volupté avec ses épouses et qu’il se fut ébattu en outre, accompagné de Viçvatchî, dans les bosquets du Tchaîtraratha, Yayati à la vaste renommée n’était pas arrivé à la satiété de ses désirs. Cette pensée frappa son esprit et, sire, il chanta ces couplets : 3171-3172. « Le désir ne s’éteint jamais par la jouissance des choses désirées : au contraire, son ardeur augmente, comme celle du feu sacré, quand on y verse le beurre clarifié. 3173. » ”
Harivansa ou histoire de la famille de Hari
“ Quand il fut rassasié de ce bonheur que donne le désir satisfait, ce prince revint trouver Poûrou, et reprit sa vieillesse. Voici, ô grand roi, fils de Bharata, les vers que prononça alors Yayâti, et dans lesquels il conseille à l’homme de concentrer en soi ses désirs [14] , comme la tortue retire ses membres dans son écaille. ”
“ Ensuite, reprit Vaîçampâyana, le plus vertueux des rois saints, Ashtaka, ayant vu, désertant ce monde pur, aimé du roi des Immortels, Yayâti déjà parvenu à la moitié de sa chute, lui adressa les paroles suivantes : 3569. « Qui es-tu, toi, qui es jeune et d’une beauté égale à celle d’Indra ? Tel que le soleil, le plus grand des êtres aériens, tu tombes du ciel, dont ta splendeur, flamboyante comme le feu, dissipe l’obscurité des nuages. 3570. » Quand nous te vîmes tomber de la route du soleil avec ta lumière incalculable de soleil et de feu : « Qui est-ce qui tombe-là ? » ”
“ Les sages ne regrettent jamais de s’être avancés. » 3671. « De même, Indra des hommes, répondit Yayâti, que tu as une puissance égale à celle d’Indra, de même tes mondes sont-ils égaux avec les siens ; mais je ne me soucie pas d’un monde, qui fut donné à un autre : donc, Çivi, je refuse ce que tu veux me donner. » 3672. « Si tu refuses nos mondes, parce que chacun de nous, reprit Ashtaka, te donne les siens à part des autres, eh bien ! nous te les donnons tous à la fois et nous irons tous prendre ta place dans le Naraka ! » ”
Harivansa ou histoire de la famille de Hari
“ La vieillesse est sujette à mille souffrances que lui cause la nécessité de boire et de manger. Par conséquent je ne puis accepter cette proposition. Vous avez d’autres fils qui vous sont plus chers que moi. Prince, choisissez parmi eux quelqu’un qui accède à vos désirs. » Ainsi parla Yadou ; et le puissant Yayâti, outré de colère, dit à son fils en l’accablant de reproches : « Et quelle est donc ta condition [11] ? quels sont tes devoirs, insensé, toi qui oses me manquer de respect, comme si j’étais un étranger pour toi ? » ”
“ « Sire, dit Ashtaka, qui de ces deux coureurs, tels que le soleil et la lune, arrive le premier à la nature des Dieux ! » 3645. Yayâti répondit : « Le mendiant, qui habite même au village, sans logis, dans la compression des sens, au milieu des maîtres de maison licencieux, arrive à ce but le premier. 3646. » Celui, qui, parvenu à un long âge, n’a pas obtenu de transformer son cœur, s’il en est affligé, ce repentir est une seconde pénitence, qui l’épure. ”
“ « Après que tu eus habité, reprit Ashtaka, dans le Nandana, sous une forme charmante, une myriade de siècles, pour quelle raison, abandonnant les demeures suprêmes, où règnent les vertus de l’âge Krita, es-tu descendu vers la terre ? » 3600. « De même qu’ici, répondit Yayâti, les hommes s’éloignent d’un parent, d’un ami, d’un père, qui a perdu sa richesse ; de même là, une fois la récompense de ses vertus épuisée, l’homme est abandonné par les troupes des Dieux et les souverains maîtres. » ”
Jean-Jacques Desroches, Histoire des peuples anciens et de leurs cultes… (1851)
“ Yayâti était souverain des sept continents (c'est-à-dire de toute la terre, les Hindous la séparaient en sept Dvipas ou continents entourés d'eau) ; il établit Druhyu souverain du sud-est, Yadu du sud, Turvasu de l'occident et Anu du nord. Pûru fut sacré roi de la totalité de la terre. Pûru ; sa descendance : Les descendants de Pûru, au nombre desquels se trouvent des souverains Râdjarchis et des familles de Brahmanes, furent de père en fils : Djanamêdjaya, Pratchinvat, Pravîra, Namasyu, Tchârupada, Sudyu, Bahugava, Samyàti, Achamyati, llâudrâçva. ”
“ « Cet usage de prendre la main, en signe de mariage, n’est-il pas depuis long-temps pratiqué chez les hommes ? repartit Dévayânî : tu as pris la mienne, fils de Nahousha, et partant je te choisis pour mon fiancé à la face du monde. » Comment, fille sage, laisserais-je toucher par un autre homme ma main, qui fut touchée par toi, fils de saint et saint toi-même. ? » 3379-3380. « Tout homme instruit doit savoir, fit Yayâti, qu’il est moins facile d’affronter le brahme que la gueule enflammée partout d’un reptile en fureur à la dent venimeuse ! » ”
Louis Vivien de Saint-Martin,
Étude sur la géographie et les populations primitives du nord-ouest de l'Inde…
(1860)
“ Quatre noms qui font grande figure dans les légendes épiques des temps postérieurs, comme formant, avec Yadou ou les Yâdava, la famille de Yayâti, les noms d'Anou, de Tourvasou, de Drouhyou et de Poûrou, se trouvent dans le Véda; nous n'avons pas à nous y arrêter ici, parce que les tribus ou les groupes de populations que ces noms représentent, bien qu'appartenant d'origine à la race des Dasyous, étaient entrés, par l'adoption du culte d'Indra, dans la famille des Aryas. ”
“ Quiconque de tes enfants te donnera sa jeunesse, aura l’empire, une longue vie, de la gloire et une nombreuse postérité. » 3466. Yayâti, chargé de vieillesse, étant revenu dans sa ville, reprit Vaîçampâyana, tint ce langage à celui, qui était l’aîné et le plus vertueux de ses fils, Yadou : 3466. « Je suis assailli de toutes parts, lui dit-il, par la vieillesse, les rides et les cheveux gris, en vertu d’une malédiction fulminée contre moi par Ouçanas, le petit-fils de Kavi, et je ne suis pas rassasié de jeunesse ! 3467. » Prends sur toi mon péché avec ma vieillesse, Yadou ”
“ Nous avons aussi, ô Sriñjaya, appris la mort de Yayâti, fils de Nahousha, lui qui, ayant conquis cette terre entière avec les mers, 988. Émailla la terre d’autels, (qu’il espaçait) en s’avançant (de la longueur) d’un poteau de bois. Il circonscrivit ainsi la terre, en offrant (à chaque pas) de grands sacrifices. 989. Ayant offert des milliers de sacrifices et des centaines de vâjapeyas (offrandes de soma) , il rassasia les désirs des Indras des brahmanes, (en leur abandonnant) trois montagnes d’or. ”
“ Sans répondre un seul mot au roi et les yeux noyés de larmes, elle arriva bientôt en présence d’Ouçanas, le petit-fils de Kavi. 3449. À la vue de son père, elle s’incline et se tient devant lui ; mais, aussitôt après elle, arrive Yayâti, qui rend ses hommages au fils de Bhrigou. 3450. « Le vice triomphe de la vertu, s’écrie Dévayânî ; ce qui était plus haut devient ce qui est plus bas : je suis vaincue par Çarmishthâ, fille de Vrishaparvan ! 2451. » Ce monarque ici présent, Yayâti, l’a rendue mère de trois fils ”
Chefs-d'oeuvre du théâtre indien… (1828)
“ Yayàti avait sauve Dévayânî, fille du sage Soucia, exposée dans un puits par ordre de la princesse Sarmichthâ, et il l'avait épousée. Sarmichthâ avait été condamnée à servir Dévayân, et l'on avait fait jurer à Yayàti qu'il ne penserait jamais à ,la prendre pour épouse. Mais il la vit, l'aima et se maria avec elle secrètement : il en avait déjà trois enfans quand sa faute fut découverte. Soucra, irrité , le condamna à une vieillesse anticipée, dont cependant Ponrou, lq plus jeune des fils de Sarmichthâ, consentit à se charger, au refus de ses frères. ”
“ D’Yadou sont nés les Yadouides et de Tourvasou, suivant la tradition, descendent les Yavanas ; Douhyou est le père des Vaîbhodjas, et les Mlétchas sont les fils d’Anou. Poûrou est la souche des Pouravas, cette race, où tu es né, prince, et qui a reçu la puissance pour gouverner cet empire des milliers d’années. 3533-3534. Quand il eut ainsi, plein de joie, continua le narrateur, sacré son fils bien-aimé sur le trône, le roi fils de Nahousha, Yayâti se fit anachorète, habitant des bois. ”
“ Tu trouveras une guerrière en état de te combattre ! Je ne fais nul compte de toi ! » Dévayânî, reprit Vaîçarapâyana, était provoquée à la guerre, elle tenait à ravoir sa robe ; mais Çarmishthâ la poussa dans un puits et, cela fait, elle s’en revint à sa ville. 3290. « Elle est tuée ! » crut l’Asourî aux résolutions criminelles, et, sans plus s’en inquiéter, elle retourna, pleine de colère, en son palais. 3291. Ensuite arriva Yayâti, le fils de Nahousha, conduit en ces lieux par l’envie de trouver des gazelles, mais brûlant de soif, avec un char fatigué, avec des chevaux fatigués. ”
Chefs-d'oeuvre du théâtre indien… (1828)
“ Aujourd'hui, un homme riche , pour une roupie , charge son pourohita de jeûner pour lui et de faire ses ablutions dans le tems froid. POUROU est un prince , fils d'Yayati, roi de Pratichthâna , le sixième de la race lunaire. Sa piété filiale lui mérita l'empire , à l'exclusion de ses frères, quoiqu'il fut le plus jeune. V. YAYATI. POUROliCIIOTTUIA, nom de Vichnou. Ce mot signifie : le premier des êtres. V. Vichnou. POUROURA V AS, troisième prince de la dynastie lunaire , petit-fils de la lune par son père Boudha , et arrière petit-fils du soleil par sa mère lia. ”
Lafcadio Hearn,
Au Japon spectral
(''In Ghostly Japan'')
“ Et la vie à Yaidzu est certainement la vie d’il y a plusieurs siècles passés. Les habitants appartiennent eux aussi au vieux Japon : ils sont aussi francs et aimables que des enfants, de bons enfants honnêtes, innocents du monde extérieur, et fidèles aux anciennes traditions et aux anciens dieux. ”
Judith Gautier,
La Sœur du Soleil
“ Hiéyas se tut un instant et but une gorgée de thé. — Seulement, reprit-il bientôt, la mort peut me surprendre, elle me menace, et il faut qu’après moi mon œuvre soit achevée. C’est pourquoi j’abdique aujourd’hui en ta faveur. Tu demeureras au château de Mikava à l’abri des hasards de la guerre, veillant sur ta fille, qui peut servir un de mes projets, Jusqu’au jour où la victoire te proclamera le maître du Japon ; alors tu établiras ta résidence à Yédo, la ville la mieux située du royaume. ”
Various, Le Tour du Monde; Les Yakoutes
“ Il y a peu de Russes, même des plus artificieux, qui soient capables de tromper un Yakoute des bois.Femme yakoute.—Dessin de Victor Adam d'après Hempel et Geissler.Le peuple yakoute est le seul qui donne à boire et à manger pour rien aux voyageurs; et c'est en quoi la bonté des Yakoutes se manifeste clairement. Entrez dans la tente de l'un d'eux, il vous offrira tout ce qu'il a de provisions; restez-y une semaine, restez-y même un mois, il vous rassasiera toujours, ainsi que votre cheval. ”
Adam Szymanski, Kowalski le menuisier
“ Et la beauté naturelle de cette plaine est encore rehaussée par la ceinture solennelle des mornes forêts vierges qui l’encerclent, faisant d’elle, au milieu de ce pays sauvage et inaccessible, comme une oasis merveilleuse au fond d’un désert. La tribu des Yakoutes est sans contredit l’une des meilleures de toutes les tribus sibériennes. Elle s’entend surtout à profiter largement des bienfaits du soleil. ”
Jean-Baptiste-Benoît Eyriès, Voyage pittoresque en Asie et en Afrique… (1839)
“ Presque tous sont païens et ont grande confiance dans leurs chamans. Un petit nombre seulement est chrétien. On évalue, d'après l'iasak, que toutes les tribus des Yakouts composent 45,000 familles. Les Yakouts du sud sont plus grands et plus robustes que ceux du nord. C'est un peuple industrieux ; avec un couteau, une hache, un briquet, une pierre à feu, l'Yakout se procure tout ce dont il a besoin. Il fabrique son couteau et sa hache avec le minerai de fer qu'il tire de mines situées dans les monts Aldan près du Viloui. Les Yakouts s'habillent comme les autres peuples de la Sibérie boréale ”
Judith Gautier,
La Sœur du Soleil
“ Les soldats de Hiéyas s’avancèrent alors, ils traversèrent la plaine abandonnée par Fidé-Yori. Au même moment les hommes de Yoké-Moura donnèrent l’alarme. On les attaquait de deux côtés à la fois. — C’est bon, dit Yoké-Moura, tout est perdu maintenant. — Il fit venir son jeune fils Daïské. — Mon fils, lui dit-il, rentre dans la ville, rejoins le siogoun et dis-lui qu’il ne me reste plus qu’à mourir glorieusement pour lui, ce que je compte faire avant ce soir. Reste auprès du maître tant qu’il vivra et meurs avec lui. ”
