Louis Thiabaud

Élements biographiques

Louis Thiabaud,  Les miracles de Cornaillou (1877)

“ Désaltérez-moi ! désaltérez-moi. Il hurle ainsi jusqu'à ce qu'il ait bu du sang de l'assassin.
Les uns croient que l'âme est dans le sang parce qu'il n'y en a plus dans le corps une fois cadavre. D'autres croient qu'elle se transforme en hibou qui revient la nuit gémir sur la tombe.
C'est pour cela que le corbeau, avec son plumage de deuil qu'il secoue dans les ténèbres parmi les branchages noirs, est pour eux l'image de la mort.
Pendant que les gens de la tribu faisaient ainsi la cérémonie des funérailles en versant des
pleurs sur la mémoire de Cornaillou, Hiamina arriva.
”
Source : Gallica

Louis Thiabaud,  Les exploits d'un ermite (1877)

“ L'étranger qui venait d'arracher cet enfant à la rivière , était un beau jeune homme dans une tobe de bure : c'était le gardien de la chapelle de Prodin, c'était l'ermite Barnabé. Pleine d'égarement, les yeux effarés, quand Marguerite enfin reeonnut l'ermite, elle devint morne comme l'ange de la phthisie. S'affaissant de lassitude sur un banc, elle baissa la tête dans ses mains et se remit à pleurer silencieusement.
En s'asseyant au bord de ce tombeau, elle entendait des gémissements pareils à ceux dont son cœur était déjà plein. Un air plus lourd qu'un sépulcre écrasait sa poitrine.
”
Source : Gallica

Louis Thiabaud,  Les exploits d'un ermite (1877)

“ L'amour naît dans le trouble de l'âme comme une inspiration. C'est la combustion du cœur.
C'est la force dans l'abandon et la résistance.
C'est un gouffre dans le fond duquel, une fois tombé, il y a un courant qui vous entraîne malgré le travail et les prières auxquels on s'accroche. C'est un soleil de feu qui met la sécheresse dans le passé et des flammes dans l'avenir.
Aimer c'est vivre de la vie des autres.
Avant de quitter l'ermite, Marguerite d'Arvillard effeuilla tous les sentiments qui nageaient dans sa poitrine. Elle avoua toutes ses peines de cœur.
”
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature