Paul Gide De la Condition de l'enfant naturel et de la concubine… (1880)

En instituant la famille civile et en lui donnant pour base la patria potestas, la loi romaine, dit-on, n'a pas voulu méconnaître la famille naturelle. Elle a fait à chacune sa place et sa part, et, sous les deux qualifications bien distinctes d'agnation et de cognation, elle les a constamment opposées l'une à l'autre. Si le fils naturel n'est pas l'agnat de son père, il est du moins son cognat; car ce n'est pas la loi qui fait les cognais, c'est la nature : la cognation est, comme Gaïus l'a si bien dit, un de ces « naturalia jura qum civilis ratio corrumpere non potest (1) ».
Source : Gallica

Paul Gide Rapport lu en séance publique de la Faculté de droit de Paris… (1861)

Dangereux procédé, Messieurs! sans doute le jurisconsulte, non moins que le législateur, doit tendre constamment à l'équité; mais il ne doit jamais oublier non plus que le droit n'est pas une casuistique, mais une science ; et que, dans toute bonne théorie juridique, c'est bien l'équité qui doit inspirer les prémisses, mais c'est la logique seule qui doit dicter les conclusions.
Voilà bien des critiques, messieurs les lauréats : en vous les adressant, nous ne voulons qu'exciter en vous de nouveaux efforts et vous préparer de nouveaux succès.
Source : Gallica

Paul Gide De la Condition de l'enfant naturel et de la concubine… (1880)

La mère, comme le père, va prendre dans la famille une position toute nouvelle. L'ancienne jurisprudence ne voyait dans la filiation maternelle qu'un simple rapport de fait; tous les enfants, naturels ou légitimes, succédaient à leur mère au même, titre et sans distinction. Justinien abroge cette loi comme injurieuse pour la mère (1) . Il n'appelle à la succession de la matrone de haut rang que les enfants issus du mariage,: il en exclut les bâtards. Par là, il consacre la maternité légitime; et fait entrer la mère dans le cercle de la famille légale, d'où l'ancien droit l'avait exclue.
Source : Gallica

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