Résumé

A.-R. Richard Éloge de La Bruyère, qui a concouru pour le prix d'éloquence proposé par l'Institut pour 1810… (1810)

Mais, en général, il en est des sciences comme des passions : entraîné vers l'une ou vers l'autre, on s'y livre tout entier, on ne voit qu'elle, tout ce qui n'est pas elle, devient indifférent. C'est cette véritable passion de l'esprit qui entraîna Molière vers la scène comique, dicta les beaux vers d'Athalie, arma Boileau du stilet de la satire, fit écrire des fables à Lafontaine, et maîtrisa La Bruyère lorsqu'il observa et peignit les moeurs. Doué d'une grande perspicacité, d'un esprit juste et fin , et plus que tout cela, d'un coeur droit, il n'est besoin que de voir et d'entendre.
Source : Gallica

A.-R. Richard Éloge de La Bruyère, qui a concouru pour le prix d'éloquence proposé par l'Institut pour 1810… (1810)

UN coeur droit, une conscience pure, toutes les vertus sociales doivent nécessairement distinguer celui qui s'arme pour la cause des moeurs. Êtesvous vertueux ? pourrait-on demander à l'homme qui censure les hommes. Vous ne l'êtes pas ? quittez la plume. Le livre des Caractères renferme de si grandes vérités qu'elles seraient respectables même dans les productions d'un homme corrompu. Mais quelle force n'emprunte pas la raison, lorsqu'elle émane à la fois du coeur et de l'esprit ? Un homme irréprochable, avant d'ouvrir la bouche, nous persuade à moitié.
Source : Gallica

A.-R. Richard Éloge de La Bruyère, qui a concouru pour le prix d'éloquence proposé par l'Institut pour 1810… (1810)

Mais pourquoi faut-il que les hommes célèbres ne soient prisés ce qu'ils valent qu'après que la mort a éteint leur génie ? Avouer leur supériorité, c'est rappeler l'amertume dont ils furent abreuvés; mais comme ils ont le sentiment de leur force, ils en appellent à la postérité qui les attend pour les venger. La Bruyère le fut et l'est encore tous les jours. L'hommage que vous nous permettez de rendre , Messieurs , au grand talent du peintre des moeurs, ne sert qu'à mieux prouver cette vérité : qu'un siècle est destiné à réparer les torts d'un autre siècle.
Source : Gallica

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