Adrien Delaville

Roger (1842)

Résumé

Adrien Delaville Roger (1842)

Et c'est un malheureux présent que l'imagination, qui ne semble nullement chose de ce monde, tant elle va peu à l'ordre général : l'imagination à qui il faut toujours tout, toujours trop, créant des besoins que la condition humaine ne peut satisfaire, qui même dans ce qu'elle peut accomplir a toujours le regret d'être restée au-dessous, à moins qu'un beau jour elle ne s'aiguise trop, ne traverse et ne dépasse le but, forçant en même temps le cerveau qui éclate, faute de débouché ou de soupape par où se dégorge le trop plein.
Source : Gallica

Adrien Delaville Roger (1842)

Rentré chez lui, il se couche, le coeur plein de cette belle Athénaïs. Sa pensée le reporte auprès d'elle. Il la nomme tout haut, l'appelle, lui parle, se répond pour elle, cherchant à refaire le sourire de sa lèvre, l'inflexion de sa voix.
Il semble un moment céder au sommeil. Mais tout-à-coup il bondit, agité par la musique qui chante à ses oreilles. Il ne peut rester au lit : il se lève. Il prend un livre , il ne peut lire : le bal danse toujours dans son cerveau ; et il se voit dans ce mouvement avec elle. Il prend une plume, et la brise.
Source : Gallica

Adrien Delaville Roger (1842)

Il sort, et en marchant son rêve continue encore. C'est toujours son bonheur qu'il façonne de cent manières diverses. Tantôt il se voit aux pieds de la belle demoiselle qui lui présente la main qu'il dévore de baisers ; tantôt, au château de Lanty, voguant sur l'étang auprès de sa jeune et brillante épouse ; ou bien leur voiture brûle le pavé de la ville natale, qui les regarde avec une admiration hébétée; ou bien encore il est à Paris, dans sa maison, dans son hôtel a lui, à table avec la noble famille, fière de le voir entouré des illustrations de l'époque
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature