Résumé

Jules David Le club des désoeuvrés. Tome 3 (1838)

Marguerite marchait à côté de sa tante d'un air distrait et empressé à la fois. Quand des jeunes gens passaient auprès d'elle, elle baissait les yeux en rougissant; et la fruitière alors ne manquait pas de lui dire :
— Allons, ma fille, tiens-toi droite et ne baisse pas ainsi la tête. On ne meurt pas pour regarder un homme en face ! tu en verras bien d'autres, mon Dieu !
Pour une provinciale élevée dans des habitudes de modestie exagérée, c'est quelque chose d'étrange que cette intrépidité parisienne, cet aguerrissement féminin qui ne s'effraie plus que des dangers réels.
Source : Gallica

Jules David Le club des désoeuvrés. Tome 3 (1838)

Un instant, elle s'arrêta auprès du sopha, qui faisait face à la cheminée, et y posa la main comme pour juger par elle-même de sa douceur et de son moelleux , elle, qui ne s'était jamais assise que sur une chaise de paille! Elle prit dans ses doigts les glands d'argent qui pendaient à chaque coussin, et s'en amusa, comme un enfant de ses jouets. Jamais un pareil spectacle n'avait frappé sa vue ; jamais elle n'avait rêvé de pareils enchantemens ! Vivre dans un semblable paradis au milieu de l'argent et de la soie ; sentir à chaque instant le parfum des fleurs !
Source : Gallica

Jules David Le club des désoeuvrés. Tome 3 (1838)

A cette question, qui lui rappelait le souvenir le plus vif d'une vie toute entière écoulée dans la compression des sentimens et le silence du coeur , Marguerite, malgré l'excessive préocupation de son esprit, sentit le rouge lui monter au front. L'étourdissement du galop , le bras de son cavalier pressant sa taille, le tumulte des pieds et des voix se mêlant au bruit de la musique , l'enivrement dont elle n'avait pu se défendre, cette orgie dansante, dont pour la première fois elle était le témoin, tout cela lui revint à la mémoire.
Source : Gallica

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