Alfred de Vigny,
Servitude et grandeur militaires
“ La beauté de la guerre est au milieu des soldats, dans la vie du camp, dans la boue des marches et du bivouac. Je me vengeais de Bonaparte en servant la Patrie, sans rien tenir de Napoléon; et quand il passait devant mon régiment, je me cachais, de crainte d'une faveur. L'expérience m'avait fait mesurer les dignités et le Pouvoir à leur juste valeur; je n'aspirais plus à rien qu'à prendre de chaque conquête de nos armes la part d'orgueil qui devait me revenir selon mon propre sentiment; je voulais être citoyen, où il était encore permis de l'être, et à ma manière. ”

