“ L'écrivain, l'homme politique, le philosophe—qui ne partage pas la folie du moment, n'est jamais l'objet de cette popularité enthousiaste, de cet engouement—qui seront à peu de temps de là remplacés par le dénigrement et le mépris, lorsque viendra le moment de s'enthousiasmer, de s'engouer pour la folie contraire.L'homme qui marche seul, qui ne s'affilie à aucun parti, à aucune coterie, à aucune complicité,—non seulement n'a point d'allié, mais encombre les chemins, ralentit et éclaire la marche, et semble un témoin importun, peut-être moqueur, peut-être dénonciateur. ”
Alphonse Karr
Résumé
« Bourdonnements », d'Alphonse Karr, publié en 1869, est une collection d'essais satiriques et critiques qui dénonce l'Empire de Napoléon III, les absurdités politiques et les stéréotypes sociaux de l'époque.
À travers des thèmes comme la folie des puissants, la condition des femmes ou les dérives du suffrage universel, Karr utilise un ton ironique pour cibler les figures de l'époque, comme Bazaine ou Gambetta. L'œuvre, marquée par des réflexions sur la liberté et la justice, révèle un engagement intellectuel en faveur de la République et de la raison, en opposition avec l'arbitraire impérial.
Citations de Bourdonnements (Alphonse Karr)
Alphonse Karr,
Bourdonnements
(1880)
“ Le suffrage dit universel tel qu'il se pratique aujourd'hui étant accepté, — il n'existe aucune raison pour que les femmes soient exclues du droit de voter, — du choix des représentants et du gouvernement de la France dépendent, pour les femmes aussi bien que pour les hommes, et leur liberté et leur fortune, — la fortune et la vie de leurs enfants. Pour qu'elles fussent privées justement du suffrage, il faudrait établir que la plus intelligente des femmes est encore moins intelligente que le plus stupide des hommes ; tandis au contraire que la femme naît mieux douée que l'homme ”
Alphonse Karr,
Bourdonnements
(1880)
“ Une guerre déclarée et commencée avec une imprudence puérile, comme le dit un journal, dans le même numéro où il brûle tant d'encens devant l'impératrice, — sans penser que mener un peuple à une guerre terrible, sans préparatifs, sans alliances, c'est-à-dire à la ruine et à l'humiliation, etc., — est à peu près un des plus grands crimes qui se puissent commettre, — cette guerre imprudente, folle, criminelle, — conduite au hasard, sans plan, sans vigueur, sans enthousiasme, sans discipline, sans commandement et sans obéissance. ”
