Alphonse de Lamartine,
Antoniella
“ Les pauvres petits, reconnaissant leur mère, lui passaient les bras autour du cou, pleuraient et riaient tour à tour. L’Abruzzienne, témoin de ces frénésies de la nature, heureuse et jalouse à la fois de ces tendresses, fondait en pleurs de son côté ; elle enviait même, au prix de tant d’angoisses, le bonheur d’être mère. Son mari les regardait d’un air triste ; tous les témoins, le curé et moi, nous étions muets d’attendrissement ; les sœurs pleuraient de honte d’avoir soupçonné d’un crime la mère capable d’avoir tout supporté jusqu’à la mort pour donner de la nourriture à ces innocents. ”
