Résumé

André Hallays Mérimée, inspecteur des monuments historiques

Tels qui admirent aujourd’hui l’art du moyen âge n’ont fait que lui transporter l’engouement irréfléchi qu’ils avaient peu auparavant pour l’art antique... Ils déplorent du même ton la ruine de quelque masure gothique et celle de la plus belle cathédrale. Ce ne sont point les monumens qu’ils aiment, c’est une époque, et tout ce qui n’appartient pas à cette époque, ils voudraient l’anéantir, fanatiques aussi aveugles que les vandales du dernier siècle qu’ils poursuivent sans cesse de leurs déclamations.
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André Hallays Mérimée, inspecteur des monuments historiques

Sur la foi de cette boutade qui montre le fond classique de Mérimée, il ne faut pas croire que celui-ci ait été insensible à la splendeur de l’art du xiiie siècle. Il a aimé et compris le sublime paradoxe de l’architecture ogivale. Il l’a défendu contre les attardés de la secte académique, et il s’est même efforcé sans y réussir de convertir des Romains entêtés comme Stendhal, qui, — Mérimée lui-même l’a conté. — prétendait que « nos églises sombres et lugubres avaient été inventées par des moines fripons qui voulaient s’enrichir en faisant peur aux gens timides. »
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André Hallays Mérimée, inspecteur des monuments historiques

Pour comprendre combien fut difficile et glorieuse l’œuvre accomplie par Mérimée, on doit se rappeler qu’en 1834, la science des antiquités nationales était encore toute nouvelle.
Depuis quatre siècles, le monde moderne pleurait sur les ruines de la civilisation antique, maudissait le sacrilège des Barbares et recueillait pieusement les débris de la Grèce et de Rome. Dans la ferveur de ses enthousiasmes et de ses regrets, il se détournait avec horreur des monumens qu’avaient édifiés, durant le moyen âge, les ennemis du nom latin.
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