Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand

Résumé

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand La cour de l'impératrice Joséphine (1889)

Et l'impératrice des Français, la reine d'Italie, croyez-vous qu'elle n'a point dû parfois regretter l'île de la Martinique, sa patrie, et la modeste habitation des Trois-Ilets?
Croyez-vous que le bruit des flots de la mer n'était point préférable pour elle au murmure d'adulations obséquieuses des courtisans? Napoléon lui-même, malgré toute sa puissance, toute sa gloire, n'a-t-il pas perdu le bien suprême, celui dont il jouissait aux jours de son enfance pauvre et obscure, celui qu'il ne retrouvera jamais, ni sur le trône, ni sur le rocher de Sainte-Hélène : la paix du cœur?
Source : Gallica

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand La cour de l'impératrice Joséphine (1884)

LE DÉBUT DE L'EMPIRE
« Les deux tiers de ma vie sont écoulés ; pourquoi tant m'inquiéter sur ce qui m'en reste ? La plus brillante fortune ne mérite point le tourment que je me donne, ni les petitesses où je me surprends, ni les humiliations, ni les hontes que j'essuie ; trente années détruiront ces colosses de puissance qu'on ne voyait qu'à force de lever la tête ; nous disparaîtrons, moi qui suis si peu de chose, et ceux que je contemplais si avidement, et de qui j'espérais toute ma grandeur. Le meilleur de tous les biens, c'est le repos, la retraite, et un endroit qui soit son domaine. »
Source : Gallica

Arthur-Léon Imbert de Saint-Amand La cour de l'impératrice Joséphine (1889)

Au bout de quelques mois, l'empereur Napoléon aura la cour la plus brillante et la mieux tenue de toute l'Europe. Parfois le tourbillon de vanités dont il est entouré impatiente ce grand astre, sans lequel ses satellites ne seraient rien. Mais, à d'autres moments, son orgueil se complaît à la pensée que c'est sa volonté, son caprice qui fait sortir du néant tous ces grands de la terre. Il ne lui déplaît pas de voir qu'on se passionne à un si haut degré pour les hochets imaginés par lui. Il aime à jeter ses courtisans, par un sourire ou par un visage froid, dans l'ivresse ou dans le désespoir.
Source : Gallica

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