Charles Stiénon 

Résumé

Charles Stiénon  Revue des Deux Mondes

C’est avec ces moyens défensifs auxquels concourent la garnison de Kigali et le dépôt de Wintgens que les Allemands occupent le Ruanda, pays splendide dont les molles collines boisées rappellent aux Belges la campagne ardennaise. La plaine immense ondule à l’infini et les prairies du plus vif vert émeraude alternent avec les vallons où courent des rivières rapides, vivantes et joyeuses. Mais voici la fin du jour. A peine s’annonce-t-elle, car le crépuscule n’a peut-être pas en Afrique ces nuances douces et dégradées qui dans nos climats font la calme beauté des couchans.
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Charles Stiénon  Revue des Deux Mondes

Là-haut, dans les tranchées, canons et mitrailleuses guettent la folle équipée où l’on mène les Anzacs. Les cuirassés de l’amiral Thursby vomissent flammes et mitraille. A l’entour, jaillissent des gerbes d’eau que soulèvent les obus turcs tirés de la hauteur. Cependant, les Anzacs se jettent à l’eau, abandonnant au rivage chaloupes, pontons, barques, chalands et remorqueurs dont le grouillement couvre la mer au pied de la falaise. A terre, quelques mètres de sable séparent à peine l’eau des talus épineux.
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Charles Stiénon  Revue des Deux Mondes

C’est un nuage de poussière, d’où émerge une longue coulée de têtes, d’encolures, de bâches, où le soleil allume des clartés dans le reflet de l’acier. C’est un sourd murmure qui se perd dans le lointain, devant la merveille de cette nouvelle course aux Pyramides. Le 5 décembre, au soir, les Néo-Zélandais commençaient d’atteindre le camp de Zeitoun, à 1 500 mètres d’Héliopolis, qui allait aussi attirer à elle les Australiens, un moment campés devant Mena. Sur l’aérodrome, les tentes s’élèvent, les rues se forment, les magasins s’organisent.
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